Que reste-t-il des mémoires audiovisuelles au Cameroun?

31/10/2017A l ‘occasion de la commémoration de la journée mondiale du patrimoine audiovisuel le 27 octobre 2017, le Cameroun évalue ses mémoires audiovisuelles

Photo de: - Que reste-t-il des mémoires audiovisuelles au Cameroun?

Quoi de mieux pour retracer l’histoire d’un pays que son patrimoine audiovisuel? L’institution d’une journée dédiée au patrimoine audiovisuel permet à chaque pays de se rappeler de son histoire. Les documents audiovisuels, tels que les films, les émissions télévisées et radio, les enregistrements audio et videos, constituent les archives principales des XXème et XXIème siècles. La commémoration de la journee mondiale du patrimoine audoivisuel de cette année est placée sous le thème: « Découvrir, se souvenir et partager ».

Au cameroun et plus précisément à la Crtv-Tv, le patrimoine audiovisuel sur l’histoire du Cameroun a été conservé. Selon le chef d’unité des archives audiovisuels de la Tv , Nicole Betnga, la Crtv a conservé des productions internes (les bandes sur les premiers journaux télévisés de la Crtv, les magazines, les documentaires, les téléfilms et les bandes sur la réunification…) et externes ( les programmes étrangers acquis ). Elle rappelle aussi que les archivistiques se forment de plus en plus aux méthodes de conservation numerique du patrimoine audiovisuel.

Du côté de la maison de la Radio, des centaines d ‘enregistrements sont capturés et conservés chaque jour par les archivistiques. Dans la salle de conservation des archives de la Radio, la mémoire audiovisuelle du Cameroun est visible. D’après le chef d’unité de la numérisation et de l’archivage Radio, Sylviane Frida, l’on peut retrouver des documents dans lesquels sont enregistrées les activités des présidents Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, la première bande enregistrée dans cette unité sur le sacre de Mgr Paul Etoga, évêque auxiliaire de Yaoundé le 30 novembre 1955, la coupe du monde de 1984, les émissions , les visites officiels et les congrès. Les enregistrements servent de rappel pour les générations futures. Au niveau des archives nationales , la mémoire audiovisuelle du cameroun n’existe pas à en croire l’un des responsables.

En dépassant la langue et les frontières culturelles et en faisant immédiatement appel à la vue et à l’ouie, aux personnes instruites comme illettrées, les documents audiovisuels ont transformé la société en devenant un complément permanent aux documents écrits traditionnels.

Cependant, les documents écrits sont extrêmement vulnérables et on estime que nous n’avons pas plus de 10 à 15 ans pour convertir les documents audiovisuels en documents numériques pour empêcher leur perte. Une grande partie du patrimoine audiovisuel a déjà été irrévocablement perdu par la négligence, la destruction, l’affaiblissement et le manque de ressources, de qualifications et de structures, appauvrissant ainsi la mémoire de l’humanité. Beaucoup plus de documents seront perdus si une action internationale plus forte et concertée n’est pas prise.

Grâce à des initiatives telles que la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel et le Programme « Mémoire du monde », le précieux travail des professionnels de la conservation a donné une impulsion pour gérer un éventail de facteurs techniques, politiques, sociaux et financiers qui menacent la sauvegarde de notre patrimoine.

Dans son message 2017, la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a déclaré qu’à travers l’image et le son, le patrimoine audiovisuel est une extraordinaire fenêtre ouverte sur le passé qui peut nous aider à nous tourner vers l’avenir.

Eliane Marcelle Matsingoum

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!