Sommet sur le climat de Paris: comment mobiliser les fonds ?

Cette question est au centre de la réflexion des chefs d’États et des acteurs du secteur privé qui planchent sur l’avenir de la planète dans la capitale française ce mardi 12 décembre 2017.

Ce nouveau Sommet  sur le climat devrait être plus que jamais pragmatique. Car depuis 2015, la communauté internationale s’évertue à contenir le mercure sous le seuil critique de + 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, mais faute d’une mobilisation suffisante des fonds, la planète subit encore les affres du réchauffement climatique au-delà de +3 °C. « Nous devons agir maintenant, l’action politique ne suffira pas si nous ne revoyons pas l’architecture de la finance mondiale », avait lancé la responsable climat de l’ONU, Patricia Espinosa. Deux ans après l’Accord de Paris, pas vraiment grand-chose dans la cagnotte.

Quelques pistes de solutions

L’initiative New Climate Economy est formelle. Il faut mettre à disposition 90 000 milliards de dollars, soit 76 000 milliards d’euros d’ici à 2030 pour satisfaire les besoins de l’humanité en infrastructures durables. En effet, s’ils sont bien placés, ces fonds représenteraient à peine 5 % de plus que ce qui serait réalisé de toute façon. L’autre solution serait l’augmentation du prix de carbone jusqu’ici assez faible, entre 5 et 15 euros environ par tonne de CO2. Cela donnerait peut-être un signal fort aux plus grands pollueurs parmi lesquels les États-Unis et la Chine.

Selon de nombreux experts, pour rester sous la barre des 2 degrés, il faut cesser de développer des projets d’énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon), responsables des trois quarts des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Certains États ont développé des labels, dans l’espoir d’attirer plus d’investisseurs vers des fonds clairement dédiés au financement de l’économie bas carbone. Le Conseil de stabilité financière (une émanation du G20) a aussi émis des recommandations qui font déjà référence pour que les entreprises intègrent à leur rapport financier annuel l’impact du climat sur leurs activités et instaurent une vraie stratégie.

L’autre bonne nouvelle, c’est que la dette verte, c’est-à-dire des obligations destinées à financer des investissements en faveur de la transition écologique, a bondi en 2017, en particulier en Europe. “Pour 2017, les émissions mondiales de dette verte ont déjà atteint plus de 125 milliards d’euros (contre 90 en 2016)”, indique Stéphane Marciel, Responsable Obligations Durables chez Société Générale CIB.

Les États-Unis eux, ont seulement versé qu’un milliard de dollars sur les trois promis au Fond vert de l’ONU. Dans une interview à la chaîne américaine CBS, Emmanuel Macron a interpellé ce lundi son homologue américain sur sa « responsabilité face à l’Histoire », tout en se disant « assez certain » que Donald Trump “va changer d’avis dans les mois ou les années à venir”. Il a par ailleurs estimé qu’il était “extrêmement agressif de décider seul de tout simplement quitter” l’accord conclu entre plus de 190 pays en 2015.

Promesse

En perspective, les pays du Nord ont promis de porter à 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 leurs financements climat aux pays du Sud, qui réclament des assurances sur cette promesse, en particulier pour pouvoir s’adapter aux impacts des dérèglements (digues, surélévation des habitats, système d’alerte météo etc). Un engagement qui devra être suivi par d’autres acteurs, publics (banques de développement, États, etc.) et privés (assurances, banques, fonds), à réorienter leurs capitaux vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation des pays du Sud comme le Cameroun au changement climatique.

Dieudonné Zra

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