L’accompagnement des États africains au centre de la rentrée des avocats

La rentrée  solennelle du Barreau du Cameroun  présidée ce 19 avril par le ministre de la Justice, Laurent Esso, se tient au Palais des congrès de Yaoundé. C’est en  présence des avocats et autres acteurs judiciaires venus de l’Afrique et de l’Europe.

« L’accompagnement des États africains dans les projets d’infrastructures : la place de l’avocat ». C’est le thème qui guide les travaux de la rentrée solennelle du Barreau du Cameroun au Palais des congrès de Yaoundé. Selon les experts, ce thème appelle les dirigeants africains à solliciter l’expertise des avocats locaux. En effet, dans un contexte où les litiges transparaissent parfois à l’issue des signatures des accords, le rôle des avocats devient capital.

Car ces acteurs judiciaires se présentent comme des partenaires des pouvoirs publics à travers leurs assistance et conseils. « L’Afrique a clairement besoin d’être conseillée » soutient le secrétaire général de l’Union panafricaine des avocats. Pour Abdoul Bagui Kari, il faut « mettre en exergue la place centrale de l’avocat. Surtout que d’ici 2050, la population africaine va doubler et que les investisseurs s’intéressent de plus en plus au continent.

Position du Bâtonnier de l’Orde

D’après Jackson Ngnie Kamga, cette rentrée solennelle des avocats constitue un grand moment de réflexion sur le Barreau du Cameroun. Ainsi, le Bâtonnier appelle ses pairs à faire taire les querelles internes qui divisent les acteurs judiciaires. Dans cette optique, il suggère la reformulation des textes qui régissent l’accès à la profession. Par exemple, il propose que cet accès soit conditionné par un test. Cela concerne les Camerounais vivant sur place et à l’étranger.

De plus, Jackson Ngnie Kamga plaide pour une école de formation des avocats afin de rehausser l’image d’une profession souvent ternie. Aux jeunes avocats, le Bâtonnier recommande, « discipline, désintéressement, délicatesse et regard rivé sur leurs meilleurs devanciers. »

Apport du Gicam

Invité aux échanges, Célestin Tawamba du Gicam a entretenu les avocats sur la contribution du secteur privé dans la lutte contre la corruption. Ce dernier soutient que ce combat doit aussi être mené par les avocats autant que les chefs d’entreprises. Car « dans le secteur judiciaire, la corruption fausse la compétence » a-t-il déploré.

Réaction du ministre de la justice

Face aux doléances des avocats, le ministre de la justice, garde des sceaux, se dit préoccupé. Il entend y apporter des réponses favorables. Cependant, il les invite à intensifier la réflexion sur la reformulation des textes organiques de la profession des avocats. Et de marteler que « L’avocat doit être formé.» Entre autres participants à cette rentrée solennelle, les Barreaux du Tchad, du Sénégal, de la RDC, de France et de la Suisse. Les travaux s’achèvent ce vendredi par l’adoption des résolutions.

Dieudonné Zra

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