Nkongsamba: un exemple de tolérance ethnique et religieuse

La ville de Nkongsamba située à 145 Km de Douala et 370 Km de Yaoundé, regroupe une population mosaïque qui s’accepte et cohabite de manière pacifique, grâce à un vivre-ensemble basé sur la fraternité.

Nkongsamba, chef-lieu du Moungo, région du Littoral, est constituée d’une forte population allogène. En particulier les Bamilikés, région de l’Ouest qui en représentent plus de 80%. En effet, les Mbos sont considérés comme les autochtones. À leur côté, il y a les Tikars, les Peuls, les Bororos, les Haoussas, les Nordistes et les Maliens etc. Sur cette terre d’accueil, certains visages illustrent à n’en point douter, le vivre-ensemble et la tolérance ethnique et religieuse.

Parmi eux, El Hadj Oumarou, d’origine Haoussa ayant fait ses premiers pas à l’école à Nkongsamba en 1961. Il a été adopté par Essomba l’un de ses enseignants et autochtone. Plus tard, il s’est engagé dans les activités économiques et la politique. Aujourd’hui, maire de Nkongsamba 1er, président de section Rdpc Moungo Nord et hommes d’affaires, il soutient qu’ « il n’y a pas de problème tribal à Nkongsamba.»  Et de pousuivre, «Ici nous sommes chez nous.» S’agissant de son quartier Haoussa, il abrite de nombreuses autres communautés, à savoir les Bamilikés, les Mbos ou les Massa de l’Extrême-Nord.

D’autres visages qui évoquent le vivre-ensemble

Né à Nkongsamba des parents Bamilikés, Pierre Ngouno 48 ans, pratique l’activité de moto-taxi. « Je connais mieux Nkongsamba que les localités de l’Ouest » a-t-il confié.

Pour lui, la cohabitation ne souffre d’aucune entorse avec les populations locales.  « En temps de bonheur et de malheur, nous nous assistons réciproquement » a-t-il ajouté. Il en est de même pour l’un de ses ainés. Il s’agit de Martin Kengne mariée sur place depuis 1970 et père de cinq enfants.

Selon les autochtones, il faut s’unir avec les allogènes pour promouvoir le développement et la paix sociale. C’est le cas de Julienne Mbonké, fille du terroir engagée en politique, présidente de section de l’Ofrdpc. Quant au délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Nkongsamba,  la tolérance ethnique  est une réalité, au regard  du nombre des mariages mixtes.

Impact positif : il y a des enfants qui s’appellent Issa Atangana, Onana Edimo Ahmadou ou Guiffo Mukete.

Basile Kollo soutient que cela évite les divisions qui aboutissent aux conflits. Aujourd’hui, « il est difficile de parler d’autochtones et d’allogènes à Nkongsamba » renchérit-il. De l’avis de la majorité, la manipulation des groupes ethniques par les hommes politiques, fragilise souvent ce vivre-ensemble. Cependant, les populations restent solidaires dans la diversité à Nkongsamba.

Dieudonné Zra

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