L’Union africaine: vers une autonomie financière ?

La question est au centre du 31e sommet des chefs d’États de l’Union africaine qui se tient du 1er au 2 juillet 2018 à Nouakchott en Mauritanie.

Financer l’Union africaine en interne

Engager les dirigeants africains à financer eux-mêmes l’Union africaine. Cette idée du président en exercice de l’institution, Paul Kagame, fait partie des priorités des majeures en débat au sommet de Mauritanie. soutenue par le président de la commission Moussa Faki Mahamat, cette réforme institutionnelle permettra le prélèvement dans chaque pays membre, d’une taxe de 0,2 % sur certaines importations. Né du sommet de Kigali de 2016, ce projet vise à pallier la dépendance économique. Une dépendance de l’Union africaine estimée à plus de 80% de l’extérieur.

Ainsi la vingtaine de chefs d’États africains qui participe à ce sommet devra envisager la réduction des champs d’action de l’Union africaine à quatre. Il s’agit des affaires politiques, la paix et la sécurité, l’intégration économique et l‘émergence du continent sur la scène internationale. Autre sujet en débat lors de ce sommet, la lutte contre la corruption.

400 millions de Dollars d’ici 2020

« L’objectif est d’arriver à 400 millions de dollars par an d’ici 2020, a confié le professeur Pierre Mukoko Mbonjo. La première année, c’est 65 millions de dollars. Au moment où je vous parle, nous avons dépassé 45 millions de dollars. C’est un fait sans précédent (…) sans avoir toutes les contributions » a-t-il ajouté. Pour l’heure, seulement 23 pays ont adopté la taxe de 0,2% au sein de l’Union africaine.

Cependant, comment convaincre d’autres pays à adhérer à cette mesure ? Pour Tiéman Coulibaly, ministre Malien des Affaires étrangères, « Tout changement nécessite beaucoup d’arbitrage. Et, nous touchons là à des domaines qui en général sont régaliens. Je pense qu’il y a certains Etats qui ont besoin de s’organiser en interne (…) pour pouvoir donner satisfaction à cette mesure de l’Union africaine » a-t-il tenu à préciser.

Fonctionnement interne

Sur la question du fonctionnement des organes, la réforme Kagame propose des quotas pour les jeunes. Mais aussi pour les femmes et le secteur privé. En plus, l’on annonce l’introduction d’une disposition de renforcement et d’application d’un mécanisme de sanctions à l’endroit des États qui ne respecteraient pas les réformes institutionnelles validées.

Dieudonné Zra

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