Contentieux pré-électoral: les enjeux de l’audience de ce vendredi

Sur l’ensemble des recours déposés au Conseil constitutionnel dans le cadre du contentieux pré-électoral, seul celui d’Olivier Bilé de l’UFP à la Présidentielle 2018  fait débat parmi les spécialistes.

Il est fort possible que le Conseil constitutionnel s’attarde sur la requête d’Olivier Bilé au cours de l’audience du contentieux pré-électoral de ce vendredi à Yaoundé. En effet, le rejet de la requête du candidat de l’Union pour la fraternité et la prospérité (UFP) porte sur «l’absence du certificat de versement du cautionnement ». Dans son recours, il demande au Conseil constitutionnel de lui donner l’occasion de déposer cette pièce. Car, l’on se souvient, qu’il avait indiqué que les services de la trésorerie étaient fermés à 23h le dernier jour du dépôt des dossiers de candidature. Or, ils devraient être ouverts jusqu’à minuit au même titre que la Commission de réception de dossiers d’Elecam, fustigeait-il face à la presse.

Rappel des autres requêtes

Au regard de la jurisprudence électorale, plusieurs des autres  requêtes ont très peu de chance d’aboutir lors de l’audience du contentieux pré-électoral ce 17 août. En effet, la majorité des recours déposés au Conseil constitutionnel par les candidats recalés, ne présente pas d’éléments de droit convaincants. C’est le cas par exemple de trois recours visent l’invalidation de la candidature de Biya Paul, candidat du Rdpc. Celle de Kum Ane Ihims, le président du Bilingual Yaounde Political (Biya Party). Il demande au Conseil constitutionnel « l’inéligibilité du candidat Paul Biya. »

Car, il ne saurait y avoir deux Biya dans ce scrutin » lance-t-il. Une position soutenue par Léopold Steves Ndjoumou candidat déclaré de l’Union pour le redressement économique du Cameroun (Urec). De même, Bertin Kisob, président national du Cameroon Party for Social Justice, exige le « rejet » de la candidature du président de la République. Pourtant, il ne fournit dans son dossier aucun document d’État Civil qui contredit la validité de l’identité qu’il rejette.

Ces pièces indispensables

Le Code électoral précise de manière claire les conditions d’éligibilité à la fonction présidentielle de l’article 117 à 128. Cependant, de nombreuses requêtes déposées ont trait à l’absence des pièces exigées par la loi. Il s’agit des documents qui participent obligatoirement des conditions de validation d’une candidature à l’élection présidentielle au Cameroun. Ainsi, Vincent-Sosthène Fouda, candidat du Mouvement Camerounais pour la Social-Démocratie remet en cause la décision du Conseil électoral. « Contrairement aux motifs de rejet évoqués par Elecam, notamment l’absence de certificat de versement de cautionnement. Et, celle de certificat de nationalité, mon dossier contenait bel et bien ces pièces » persiste-t-il. Son affaire devrait se jouer au niveau du Conseil Constitutionnel. Là où les candidats déposent une copie du dossier déposé chez Elecam.

Injustice?

Le Rév. Rigobert Gaban Midanha lui, plaide pour la requalification de son cas. Or, le non versement de la caution de 30 millions F, constitue l’une des raisons du rejet de son dossier. A ce sujet le Code électoral se veut aussi formel. Sans évoquer les pièces manquantes, Geneviève Zeh Amvene s’attarde elle, sur des déclarations qui n’ont rien à voir avec la loi. Ainsi, «Si vous déclarez la guerre à Dieu, vous aurez des problèmes », écrit-elle dans sa requête. Elle affirme que c’est Dieu qui est l’origine de sa candidature. Elle espère que le Conseil tiendra compte de cet argument.

Quant à Bertin Kisob, il souhaite l’annulation, du décret de convocation du corps électoral pour la présidentielle du 7 octobre 2018. Il justifie sa requête par l’insécurité qui prévaut dans le pays. Valentin Egono de l’Union Camerounaise pour la Démocratie et l’Innovation, indique n’avoir pas été notifié du rejet de son dossier. Aboubakar Kamaldine, le tout premier requérant, déplore une injustice du personnel Elecam de Douala. Il accuse ce personnel de « non transmission de son dossier à la Direction Générale des Élections ». À l’observation, le contentieux pré-électoral de ce vendredi n’augure pas d’une audience surchauffée.

@Dieudonné Zra

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