Contentieux pré-électoral: que valent les 12 requêtes déposées ?

En attendant le verdict du Conseil constitutionnel, ces requêtes des candidats recalés à la Présidentielle 2018 au Cameroun, n’annoncent pas un enrichissement singulier de la jurisprudence en matière électorale.

Sur ces 12 requêtes, trois visent l’invalidation de la candidature de Biya Paul, candidat du Rdpc. Celle de Kum Ane Ihims, le président du Bilingual Yaounde Political (Biya Party) parait curieuse. Il demande au Conseil constitutionnel « l’inéligibilité du candidat Paul Biya. » Car, il ne saurait y avoir deux Biya dans ce scrutin » lance-t-il. Une position soutenue par Léopold Steves Ndjoumou candidat déclaré de l’Union pour le redressement économique du Cameroun (Urec).

De même, Bertin Kisob, président national du Cameroon Party for Social Justice, exige le « rejet » de la candidature du président de la République. Pourtant, il ne fournit dans son dossier un document d’Etat Civil qui contredit la validité de l’identité qu’il rejette.

Requêtes liées aux pièces manquantes

Le Code électoral précise de manière claire les conditions d’éligibilité à la fonction présidentielle de l’article 117 à 128. Cependant, de nombreuses requêtes déposées ont trait à l’absence des pièces exigées par la loi. Il s’agit des documents qui participent obligatoirement des conditions de validation d’une candidature à l’élection présidentielle au Cameroun.

Or, certains candidats relèvent eux-mêmes dans leurs quêtes qu’ils n’ont pas déposées ces pièces prévues par le Code électoral. C’est le cas d’Olivier Bilé qui souligne comme motif de rejet : « absence de certificat de versement du cautionnement ». Il demande au Conseil de lui donner l’occasion de déposer cette pièce maintenant. On se souvient, qu’il avait indiqué que les services de la trésorerie étaient fermés à 23h le dernier jour du dépôt des dossiers de candidature.

Aussi Vincent-Sosthène Fouda, candidat du Mouvement Camerounais pour la Social-Démocratie remet en cause la décision du Conseil électoral. « Contrairement aux motifs de rejet évoqués par Elecam, notamment l’absence de certificat de versement de cautionnement. Et, celle de certificat de nationalité, mon dossier contenait bel et bien ces pièces » persiste-t-il. Son affaire devrait se jouer au niveau du Conseil Constitutionnel où les candidats déposent une copie du dossier déposé chez Elecam.

Injustice?

Le Rév. Rigobert Gaban Midanha plaide pour la requalification de son cas. Or, le non versement de la caution de 30 millions F, constitue l’une des raisons du rejet de son dossier. A ce sujet le Code électoral se veut aussi formel. Sans évoquer les pièces manquantes, Geneviève Zeh Amvene s’attarde elle, sur des déclarations qui n’ont rien à voir avec la loi. Ainsi, «Si vous déclarez la guerre à Dieu, vous aurez des problèmes », écrit-elle dans sa requête. Elle affirme que c’est Dieu qui est l’origine de sa candidature. Elle espère que le Conseil tiendra compte de cet argument.

Quant à Bertin Kisob, il souhaite l’annulation, du décret de convocation du corps électoral pour la présidentielle du 7 octobre 2018. Il justifie sa requête par l’insécurité qui prévaut dans le pays. Valentin Egono de l’Union Camerounaise pour la Démocratie et l’Innovation, indique n’avoir pas été notifié du rejet de son dossier. Aboubakar Kamaldine, le tout premier requérant, déplore une injustice du personnel Elecam de Douala. Il accuse ce personnel de « non transmission de son dossier à la Direction Générale des Élections ».

À l’audience, les copies déposées au Conseil Constitutionnel sont capitales. Il y a effectivement 12 affaires à suivre mais rien de palpitant pour les habitués du contentieux électoral Camerounais.

@Dieudonné Zra

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