Présidentielle 2018: le CNC dit non aux discours de haine

Le Conseil national de la communication a édifié les professionnels des médias sur le discours de la haine sur les réseaux sociaux ce 11 septembre à Yaoundé.

L’ère du numérique favorise la propagation des rumeurs et des discours de la haine sur les réseaux sociaux. La presse cybernétique est principalement pointée du doigt compte tenu de la célérité avec laquelle les nouvelles s’y propagent. Chaque internaute devient aujourd’hui émetteur et récepteur de contenus, pas toujours pertinents. Une donne qui justifie la sonnette d’alarme lancée ce mardi par le Conseil national de la communication à l’endroit des praticiens des médias.

Car, ils forment et déforment l’opinion à travers leur discours quel que soit le support utilisé. Par ailleurs, l’influence des médias atteint de larges publics à une vitesse exponentielle. Au cours des échanges de ce jour, les journalistes reconnaissent que ce discours se caractérise par la radicalisation des propos. Par exemple, un acteur politique refuse la contradiction et croit détenir la vérité en minimisant les propos de son adversaire.

Exhortations de Peter Essoka

Le président du Conseil national de la communication dénonce le discours de la haine avec la dernière énergie. Il exhorte les journalistes à faire preuve de professionnalisme afin d’éviter la guerre civile comme au Rwanda en 1994. Par conséquent, « nous ne devons pas détruire notre pays mais le construire en éduquant l’opinion» a martelé Peter Essoka aux journalistes.

Aussi les prévient-t-il de refuser les pots de vin, le « gombo » surtout en ce temps de campagne où l’achat de conscience n’est pas exclu. Selon Peter Essoka, il faut mettre en pratique les connaissances apprises lors de la formation. La crédibilité du journaliste et de sa profession en dépendent.

Solutions

Certains journalistes proposent l’enregistrement préalable des intervenants à l’antenne. D’autres appellent à une hauteur professionnelle des confrères qui ont souvent de la peine à contenir les panélistes qui vont jusqu’aux injures à l’endroit de leurs contradicteurs. Corine Rabiatou de Consulting TV, « le journaliste qui défend une cause se sent frustré, car il n’a pas toujours le temps de canaliser ses invités».

Or, « la haine devra laisser place à la responsabilité sociétale du journaliste » ajoute-t-elle. Il y a va du respect de l’éthique et de la déontologie qui encadrent les pratiques journalistiques. En cette période électorale, il s’agit d’un défi majeur pour les professionnels des médias.

@Dieudonné Zra

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