Can Ghana 2018 : les leçons du match Mali-Cameroun

Les Lionnes Indomptables sont venues à bout des Aiglonnes, 2 buts à 1, mais ce Mali-Cameroun aurait pu être fatal pour Christine Manie et ses coéquipières. Le coach Joseph Ndoko tire les leçons d’une rencontre pleine de surprises.

Aïssata Traoré, la courageuse buteuse Malienne de la rencontre Mali-Cameroun éprouve certainement un grand satisfecit personnel : avoir ouvert la marque contre les Lionnes Indomptables, une des meilleures et redoutables équipes d’Afrique et de ce tournoi. Parti outsider, le Mali a activé le fighting spirit qui le propulse au-dessus de son bourreau Camerounais ,11 minutes seulement après le début de la 2ème période. Le Cameroun semble avoir sous-estimé l’adversaire, comme le laisse penser le coach Joseph Ndoko : « Je tiens à féliciter le football féminin africain parce que lorsque vous avez des entraîneurs comme celui-ci et vous regardez l’évolution du Mali, c’est impressionnant. Nous on était venus pour mettre un rythme, ils m’ont agréablement surpris. Et c’est aussi cela la valeur des tournois comme celui-ci.

Une première mi-temps morose

Lors de la première période de cette rencontre Mali-Cameroun, on a vu des Lionnes indomptables capables mais comme dépourvues de toute envie de remporter le match. A cela, le coach a une explication : « On  était venus pour mettre un rythme qui devait être le même : faire tout pour que avant la 20ème, on ait pu inquiéter l’adversaire plusieurs fois .ça on n’a pas pu le faire, pourquoi ? Encore un problème émotionnel. On a de temps en temps été notre propre adversaire .Nous savions en même temps que les premiers matches sont souvent très difficiles à négocier et l’a vu une fois de plus aujourd’hui.

Le réveil des Reines

Généviève Ngo Mbeleck et Ajara célébrant le deuxième but camerounais face au Mali

Tout de suite dès la première touche de balle à la seconde période, il y’a eu du nouveau. Elles sont revenues, revigorées, plus engagées et d’ailleurs très actives dans la surface de réparation adverse : « Il y’avait une distance au départ avec  l’animation offensive. Les milieux n’appuyaient pas, on se retrouvait difficilement face aux buts.  Et c’est ce qu’on a essayé de corriger ». Cette rencontre Mali-Cameroun avait besoin d’un but au moins, un vainqueur et un vaincu, afin de garder l’esprit compétitif dans le groupe A. Aïssata Traoré réalisera cela à la 56ème minute grâce l’erreur d’une défense camerounaise désireuse de monter plus haut. Les Lionnes sont blessées, touchées, mais le tout n’est pas joué, les consignes du coach taraudent dans leurs esprits . « On a vu une équipe du Cameroun menée, il fallait jouer sur l’émotionnel, je leur ai demandé de faire comme si rien n’était », a confié le sélectionneur en conférence de presse.

Le coup de grâce

Le coach Joseph Ndoko ,récupéant le trophée de femme du match glané par Marlyse Ngo Ndoumbouk

Définitivement revenues à elles et conscientes des conséquences d’une défaite face au Mali, les Lionnes se déchaînent. Il aura fallu juste 2 minutes, pour ramener à 0 la joie du camp Malien. Falone Claudine Meffometou Tcheno égalise à la 71è et Nchout AJARA marque le but de la victoire 2 minutes plutard.La recette a fonctionné , le sélectionneur peut se réjouir : « Merci au Mali qui nous a posé assez de problèmes mais en même temps si on a réagi ça n’a pas été la rigolade au vestiaire à la mi-temps parce que j’ai dit aux miennes, c’est incroyable ce qu’on est en train de voir là, il faut qu’elles changent de mine dans le style de jeu .quand elles sont revenues on s’est prêté vers l’avant ..Nous savions très bien que si on hausse notre volume de jeu, le Mali allait craquer. Et à ce moment il faut être réaliste pour pouvoir en profiter et c’est ce qu’on n’a pas pu faire à temps ». Le Mali n’a pas démérité, Joseph Nodoko : « Dans l’ensemble, je dire une fois de plus merci au Mali, je pense que tel qu’on a vu là, le Mali aura quelque chose à dire dans ce tournoi ».

La part de l’organisation

Tout est bien qui finit bien. Mais comme dit plus haut cette rencontre Mali-Cameroun aurait pu être un cauchemar également sur le plan de l’organisation, relève le sélectionneur camerounais : « On veut garder un rythme conséquent.si la Caf ou la fédération Ghanéenne ne parviennent pas à former des ramasseuses de balles il y’a un problème. Parce que à chaque fois c’était une confusion complète…c’est une copie à revoir et ça je pense que ça revient à la Caf ou aux gens qui sont sensés le faire. Ça nous a un peu heurtés, c’est un problème qui est extrêmement important. Pour nous sommes venus pour donner un volume encore plus important au sport féminin, il faut que tous les paramètres soient réunis. Lorsqu’un ballon sort, il faut qu’un autre entre. Ça fait partie du jeu, parce qu’à la fin on va calculer le temps de jeu réel, il va falloir qu’on le retrouve. Il faut qu’ils soient bloqués parce que les ramasseuses de balles ont souvent été rêveuses ou alors elles ne sont pas à la hauteur de l’évènement».

La prochaine rencontre mettra aux prises le 20 novembre prochain le Cameroun et l’Algérie. Il sera 19h30 (heure du Cameroun) au Accra stadium. L’Algérie a manqué sa première sortie ce 17 novembre, en s’inclinant face au Ghana ,1-0.

 

Odeline Stella Mouazan, envoyée spéciale au Ghana

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