Extrême-Nord : armée, unité, protection, reconstruction

Dans l’Extrême-Nord du pays, qui subit encore les assauts de la secte islamiste Boko Haram, les forces de défense mettent tout en œuvre pour que les populations retrouvent la sérénité.

 

 

Les premiers assauts de Boko Haram en terre camerounaise datent de plus de six ans. Et dans cette période, d’innombrables villages en ruines, des édifices religieux, sanitaires et scolaires détruits, des populations tuées.

Alors que la menace semble faiblir du côté de l’Extrême-Nord Cameroun, l’intervalle des attaques ennemies s’étant considérablement élargi, l’armée est dans une phase de reconstruction.

 

Militaires-instituteurs 

Dans le village Goldavi, arrondissement du Mayo-Moskota, les forcent de défense troquent leurs armes contre des barres de craie. Difficile de faire autrement pour qui aime la patrie, les instituteurs fonctionnaires ayant fui la menace terroriste. 

« Nous avons trouvé une école avec des enfants délaissés. Or, l’éducation est importante, ils sont le Cameroun de demain. Je leur donne cours exactement comme si j’expliquais une leçon à mes cadets, en famille. Et ils sont réceptifs ». Tels sont les propos du Sergent Jean Bidoung, enseignant d’anglais en cours élémentaire.

 

Militaires-encadreurs

Progressivement, des populations en fuite regagnent leurs villages natals. Comme ici, à Djibrilli, ou à Shérif Moussari. Cela fait à peine un mois qu’elles ont pu revenir chez elles, après plus de deux ans de fuite. Les villages sont en ruines, mais la menace est écartée et les militaires veillent, nuit et jour.

A Shérif Moussari notamment, c’est en pleine prière à la Mosquée que Boko Haram avait lancé l’assaut. Le lawan (Chef traditionnel) dit ne devoir sa vie sauve qu’à la bienveillance de Allah.

 

Militaires-ouvriers

Plus jamais d’attentat surprise. On a vu des étrangers (religieux, travailleurs…) enlevés par Bh à l’Extrême-Nord. L’état de la route, et la facilité d’accès à certaines zones aidant.

Aujourd’hui, le génie militaire est en mode contrattaque. Ça commence par la sécurisation de la frontière avec le Nigeria. Sur 400km, des engins creusent des tranchées impressionnantes, rendant quasi impossible, à terme, tout assaut ennemi.

 

 

Militaires -bâtisseurs

A Kaélé, dans le département du Mayo-Kani, les œuvres du Bataillon d’Intervention Rapide (Bir) sont visibles. Notamment, au niveau des écoles. Dès bâtiment entièrement rénovés, des salles de classes réhabilitées, des table-bancs offertes.

L’urgence pour le génie militaire se situe également au niveau de la route. Il travaille actuellement à l’implantation du chantier de construction de la route Mora/Dabanga/Kousseri , sur la nationale n•1. Comme le relevé le Sous-Préfet de Waza, Patrice Joël Naziri, « là où la route passe, le développement suit ».

 

 

Militaires en devenir 

 L’engagement des forces de défense dans l’Extrême-Nord éveille les passions patriotes de nombreux jeunes. Ils sont actuellement 1023 aspirants-adjudants, à suivre une formation au Centre d’instruction du Bir à Maroua Salak.

Ce 22mai, ils doivent affronter la rigoureuse épreuve des 400km de marche à pieds, sous un climat sahélien (45degrés). Un grand test d’endurance, qui les aidera à vaincre leur ennemi sous n’importe quelle température.

 

Vanessa Onana, envoyée spéciale dans l’Extrême-Nord

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