Extrême-Nord : Quand le militaire tient la craie

Pour empêcher que le cursus scolaire des enfants des villages détruits dans l’Extreme Nord soit davantage perturbé, les forces armées se substituent aux enseignants.

 

Ils ont juré honneur et fidélité aux institutions de la République. Ils ont promis de servir. Et bien, les militaires engagés au front contre BOKO HARAM dans l’Extrême-Nord servent.

Un service particulier aujourd’hui, car, dans plusieurs localités, notamment dans le département du Mayo Tsanaga, ils sont désormais des militaires-instituteurs. De la Sil au Cm2, ils transmettent volontiers leurs connaissances aux cadets.

Évidemment, réflexe oblige, certaines expressions militaires se glissent entre les cours. « Est-ce que ça suit? », pour s’assurer que la leçon est bien assimilée.

*Enseigner, un honneur*

Pour ces membres des forces de défense, rien n’est difficile. Oui, « le militaire peut » enseigner. « Les maîtres ont peur des exactions de Boko Haram, et nous, nous bravons cela. Nous avons trouvé une école où les enfants sont délaissés.

La principale difficulté se trouve au niveau de la langue. Pour que le message passe, nous devons parfois descendre jusqu’au dialecte. Ceux qui assimilent la leçon en français ou en anglais, l’expliquent aux autres en dialecte. Mais tous sont très réceptifs, ils veulent vraiment apprendre, et cela me satisfait ». Tels sont les propos du Sergent Jean Bidoung Messanga, enseignant d’anglais.

Ce qui attire l’attention, c’est le sourire de ces hommes en tenue. Ils ne se veulent pas rassurants, ils sont rassurants. Pour eux, ces enfants, fer de lance de la nation, sont une source de motivation. Parmi eux certainement, de grands dirigeants demain.

 

*Vanessa Onana*

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