Oswald Lewat: une valeur sûre de l’art camerounais

Elle a été reçue en audience par le ministre des Arts et de la Culture ce 13 août 2019, pour la présentation de son projet de formation et d’éducation à l’image.

 

Un visage chaleureux, un sourire charmeur et une démarche sûre et dynamique. Oswald Lewat, 42 ans, a fait ses preuves dans le domaine de l’art et de la culture au Cameroun et à l’étranger. Née à Garoua dans le nord du Cameroun, la documentariste a connu une enfance  pas comme les autres. Rythmée par les fréquentes absences de son père, directeur dans l’entreprise Alubassa, dans la Région du Littoral,  spécialisée dans la transformation de l’aluminium. À 13 ans,  elle doit surmonter le décès de sa mère. Elle trouvera refuge et inspiration dans les livres et les films. À l’obtention de son baccalauréat, elle intègre l’École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) option Journalisme. Elle va ensuite travailler pour le compte du quotidien d’État Cameroon Tribune, qu’elle  quittera pour des raisons liées à la ligne éditoriale du media.  En effet, elle  se sentait à l’étroit.

Passionnée de photographie, elle dépose ses valises à Paris, pour des stages de formation à l’image à la Femis (École Nationale Supérieure des Métier de l’Image et du Son. En suite à l’Institut Nationale de l’Image et du Son de Montréal.

Un parcours brillant

Réalisatrice et photographe, elle aborde des thématiques  souvent engagées tels que, l’injustice, les  traumatismes provoqués par les conflits armés et des crimes d’État. C’est en 2000 qu’Oswald tourne le Calumet de l’espoir, son premier court-métrage. Couronnement de son stage à l’Institut National de l’Image et du Son. Elle réalise en 2003, au-delà de la peine. C’est le portrait d’un condamné à quatre ans de prison, mais qui va croupir dans les cachots pendant 33 ans, soit 29 ans de plus. Au Congo Kinshasa en 2005, elle va réaliser un documentaire intitulé “Un amour pendant la guerre”.

Son premier long métrage fut produit en 2007, “Une affaire de nègre”, qui raconte l’histoire d’une unité spécialisée des forces de l’ordre du Cameroun qui lutte contre le banditisme dans le région du Littoral. De milliers de personnes sont portées disparues, impunément.  Concernant son talent de photographe, ses œuvres “couleur nuit”, exposée en Europe, en Amérique et en  Afrique.

Talentueuse réalisatrice et photographe, son inspiration tient en quelques phrases” tant que les lions ne raconteront  pas eux-mêmes leurs histoires on n’entendra que la version du chasseur” déclare-t-elle.

Distinctions

Mariée et mère de deux enfants, Osvalde Lewat tout au long de sa carrière a cumulé différentes distinctions. Pour son film “Au-delà de la peine”, elle recevra le grand prix du film de télévision au Portugal, ainsi que le prix des droits humains au festival de Montréal.

Une affaire de nègre, lui a valu, le grand prix justice à l’écran et le prix du public. Le prix  du meilleur documentaire et de la meilleure image. Au Fespaco en 2009, elle décroche le troisième prix documentaire et la mention du jury au festival du film francophone d’Angoulême.

Amina Malloum (Stagiaire)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.