Circulation à Yaoundé : les motos taxis envahissent le centre-ville

Depuis la suspension de la police municipale, la circulation de ces engins à deux roues crée le trafic et les accidents dans les axes principaux de la capitale du Cameroun.

Difficile désormais de circuler dans la ville de Yaoundé sans craindre de se faire renverser pour les piétons et accrocher pour les automobilistes. Normal ! Les motocyclistes ont pris d’assaut les routes de la capitale.
Elisabeth N., enseignante dans une école dans le quartier Nlongkak en a fait l’expérience ce 21 octobre 2019. Elle a brutalement été renversée par une moto. Ceci alors qu’elle traversait au niveau du passage clouté, un « moto-taximen » venant à contre-sens, lui a fauché la progression, la renversant d’une manière brutale avant de prendre la « clé des champs ». Grâce à la magnanimité des automobilistes qui ont assisté impuissants à la scène, elle a pu être accompagnée dans un centre de santé.

 

Désordre urbain

Des scènes comme celle-là sont de plus en plus courantes dans la ville de Yaoundé. Dans certains axes, on est d’ailleurs complètement engloutis par les motocycles. Et quand, ils n’envahissent pas le terre-plein, ils roulent à tombeau ouvert sur le trottoir, troublant alors la circulation de tous. Des comportements qui démontrent à suffisance leur ignorance du code de la route.

« La plupart n’ont même pas de rétroviseurs et roulent toujours vite. Les moto-taximen ne connaissent pas les obstacles et ne savent prendre que des risques. Cela devient de plus en plus inquiétant pour nous les usagers de la route », se plaint Auguste Belibi, commerçant.

Des arrêtés ignorés

Et pourtant l’arrêté du 12 janvier 2012 conjointement signé par Jean Claude Tsila et Gilbert Tsimi Evouna, respectivement, préfet et le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé stipule que «la circulation du motocycle n’est tolérée que dans les zones périphériques de la ville de Yaoundé pour la desserte des zones enclavées ».

Celui de mai 2019 va d’ailleurs plus loin. Car il énumère les axes où les « Bend-skin » peuvent circuler dans la ville de Yaoundé. Il s’agit entre autres de la Place d’Awae (Carrefour Mvog-Mbi, Carrefour Olezoa), le Boulevard de la réunification (Place de Melen, Carrefour Emia), Place Elig-effa (Gare routière de Yaoundé-Ouest, Messa), Place de droits de l’homme (Sous-préfecture de Tsinga, Roind-point Bastos, Carrefour Bastos), Place Tongolo (Carrefour Etoudi, Hôpital général, Hôpital gynéco obstétrique), Stade Omnisport (Quartier Mfandena, Carrefour Olibiya, Carrefour Coron).
Tandis que les voies principales concernées par cet arrêté sont Yaoundé I (Route Emana-Messa assi-Olembe ; Route Marché Etoudi-Hôpital général, Rue Noa Tsogo, Rue manguier) ; Yaoundé II (Boulevard Jean Paul II, Route du Mont Febe-Ambassade de Grèce, Rond-point Febe, Rue Flamenco, Rue Nana Tchokonté-Marché Mokolo-Madagascar).

Jeanne Ngo Nlend

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