René Emmanuel Sadi: « Nous n’entrevoyons pas de dialogue plus inclusif que celui historique qui vient d’avoir lieu »

Ainsi s’exprimait le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement dans une interview exclusive au journal de 20h sur le Poste national de la CRTV, le 18 octobre 2019.

 

 

Bonsoir Monsieur  le ministre et merci pour cette Grande première sur la CRTV. La série des mesures d’apaisement prises par le président de la République Paul Biya initiateur de ce Grand moment de la vie nationale a donné lieu à diverses appréciations. Monsieur le ministre, quel regard le porte-parole du gouvernement que vous êtes porte-t-il sur ces premières mesures d’apaisement ?

 

Je crois de l’avis  de tous les concitoyens de bonne foi, et même de l’avis de nombreux observateurs étrangers, le Grand dialogue national organisé à l’heureuse initiative du président de la République, Son excellence Paul Biya, a été un grand moment de la vie nationale et un franc succès. Succès d’abord par le nombre et l’accueil des participants à ces assises de grande portée qui sont venus de toutes les régions du pays  et de la Diaspora. La plupart était des personnalités qui comptent. Des personnalités représentatives de toutes les catégories sociales et toutes nos communautés et qui, pendant plusieurs jours ont pris une part très active aux discussions sur l’ensemble des thématiques importantes  qui ont été retenues. Les conclusions de ce Grand dialogue constituent également le deuxième motif de satisfaction de ces assises nationales.  Aucun sujet majeur n’a été éludé, ni occulté et des préconisations pertinentes ont été faites et portées à la haute attention de qui de droit, en l’occurrence le président de la République qui, sans tarder a fait connaitre  sa haute appréciation du travail accompli et sa disposition  à examiner avec diligence et célérité les conclusions et à apporter dans  toute la mesure du possible  des réponses adéquates aux préoccupations issues  des débats qui de l’avis général, ont été riches, intenses et denses. C’est pourquoi on doit à juste titre saluer cette initiative du chef de l’Etat, se féliciter aussi bien  de sa tenue, de son bon déroulement que de ce qui en est sorti. Et c’est pour cela que le dialogue national a été je le réaffirme un franc succès et donc il faut vraiment être de mauvaise foi  comme certains malheureusement, toujours les mêmes pour prétendre le contraire.

 

Justement Monsieur le ministre, vous l’avez suivi comme nous. Certains bénéficiaires illustres des mesures de clémence prises par le chef de l’Etat, donnent l’impression de minorer justement la portée de l’acte présidentiel. Le cas du leader du MRC sur RFI, comment accueillez-vous cette sortie médiatique du Pr. Maurice Kamto ?

 

Ecoutez. Visiblement, les mesures de clémence prises par le président de la République ont de manière générale étaient saluées par toute la Nation. En particulier celles dont ont bénéficié des centaines de nos jeunes compatriotes  du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dont beaucoup ont été enrôlés bon gré malgré parmi les rebelles séparatistes. Leur joie collective et leur reconnaissance à l’endroit du chef de l’Etat nous ont paru sincères et il y a tout lieu de s’en féliciter. En revanche, les réactions des autres bénéficiaires, en l’occurrence celles de certains responsables du MRC nous ont semblé quelque peu ambiguës. Comme on l’a d’ailleurs noté à travers leur déclaration, notamment celle toute récente de Monsieur Maurice Kamto dans une interview à Radio France internationale. Mais rassurez-vous, nous n’avons bien été surpris par les propos de M. Kamto lors de cette interview. Ils s’inscrivent manifestement  ces propos, dans une logique qui est la sienne  et celle de ses partisans, peut-être pas tous depuis la proclamation  de l’élection présidentielle, une logique de l’extrémisme, de la radicalisation fondée sur la revendication d’une prétendue victoire, une victoire qui, pourtant nous le savons et ils le savent aussi, n’a jamais été remportée par  M. Kamto, une victoire qu’il ne pouvait pas remporter je l’ai dit mille et une fois, en moins d’un miracle qui bien évidemment n’a pas eu lieu. Nous n’avons donc pas été surpris comme je viens de le dire par ces propos pour autant on ne peut pas ne pas regretter cet entêtement. Cette sempiternelle posture de fier abras  qui frise au bout du compte l’imprudence et la forfanterie au point d’agacer nombre  de nos concitoyens. Il est vrai qu’on ne s’attendait pas outre mesures à des épanchements, de reconnaissance de la part du MRC à la suite des mesures de clémence du président de la République. Mais la moindre bienséance recommandait qu’à défaut d’exulter qu’on exalte un temps soit peu un geste souverain et magnanime du chef de l’Etat qui participe d’une réelle volonté d’apaiser et de sa détermination à donner toutes ses chances autour d’une paix et d’une stabilité définitive  au Cameroun.  Vu sous cet angle il me semble que M. Kamto va en guerre et certains de ses partisans n’ont pas pu saisir le sens profond de la clémence présidentielle. Pourtant l’opinion nationale dans son ensemble et l’opinion internationale ont salué et apprécié à juste titre.  Et l’important de notre point de vue c’est cette clameur de cette satisfaction que l’on a perçue à l’intérieur comme à l’extérieur du Cameroun avant pendant et après le Grand dialogue national.

 

Au sujet de ce Grand dialogue national, M. Kamto dit par ailleurs si c’était à refaire,  tout alors tout serait à refaire. A ses yeux, le Grand dialogue national n’a pas été organisé comme demandé. Auriez-vous autre chose à lui opposé ?

 

J’ai dit tantôt que tous nos concitoyens de bonne foi et nos partenaires étrangers ont apprécié très favorablement la tenue de ce Grand dialogue national et ont même adressé leurs félicitations au président de la République son excellence Paul Biya. De même, ont pris part à ce Grand dialogue les personnalités qui n’ont pas toujours été tendres avec le régime actuel et vous le savez, les personnalités dont on connait par ailleurs les positions radicales sur les grands enjeux de l’heure et particulièrement sur la crise qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Eu égard à ce que nous avons pu voir et entendre, ces gens ont exprimé leur satisfaction  et personne à notre connaissance  ne s’est désolidarisée des conclusions de ces assises rendues publiques. Face à cette écrasante majorité de voix, favorables l’absence d’une minorité extrémiste  qui, pour des motifs inavoués n’a pas voulu prendre part  à ce Grand dialogue national bien que conviée, ne saurait relativisée le grand succès de ce rassemblement historique  des digne  fils  et filles de la nation camerounaise. Autrement dit, nous n’entrevoyons pas quant à nous, de dialogue plus inclusif que celui historique qui vient d’avoir lieu à Yaoundé entre le 30 septembre et le 4 octobre 2019. Par ailleurs, sans vouloir donner de leçons à qui que ce soit, je me dois cependant de relever l’outre prudence de certains propos du leader du MRC qui dit avoir tendu la main à celui qui préside aux destinées de ce pays pour solder un soi-disant passé électoral. A ce que je sache, il n’y a qu’un seul fauteuil présidentiel, il a été pourvu, bien pourvu et il n’a qu’une place qu’occupe légalement et légitimement le président Paul Biya. C’est donc le président Paul Biya qui est le seul et vrai élu qui peut tendre la main et qui l’a fait pas seulement aux responsables du MRC  mais aussi à nos compatriotes séparatistes qui ont pris les armes contre la République. Il me semble que faire de la politique nécessite beaucoup d’intelligence, beaucoup d’audace mais aussi beaucoup de sagesse. Il faut donc  croyons-nous que notre compatriote, le Pr. Kamto dont les qualités intellectuelles ne font l’ombre d’aucun doute, cesse de voguer dans des sphères si lointaines et redescende sur terre pour réaliser enfin que la revendication un rend-op électoral imaginaire est un leurre, une voie sans issue, que l’élection présidentielle relève désormais du passé et que pour l’immense majorité des Camerounais et Camerounaises, la page de la Présidentielle est bel et bien tournée. D’autres opportunités tout aussi exaltantes s’offrent à lui  comme à nous tous pour participer à l’œuvre de construction nationale.

 

Monsieur le ministre, permettez-moi d’insister  en ressortant cette autre pièce sortie justement de déclaration de M. Kamto Sur RFI, « la résistance se poursuivra contre le système en place » déclare-t-il. Voilà  qui de toute évidence rompt avec le climat d’apaisement insufflé par le chef de l’Etat. Déclaration de guerre, provocation, récidive, comment le gouvernement apprécie-t-il ces propos et comment entend-t-il s’organiser face à cette nouvelle donne pour l’instant au stade verbal ?

 

Comme je l’ai dit au début de cet entretien la fuite en avant, la logique de la radicalisation, celle de l’entêtement voire de la témérité va aujourd’hui à l’encontre de l’aspiration profonde des Camerounais à la paix et à la tranquillité. Encore faut-il qu’une cause juste et légitime vienne soutendre et  justifier un combat politique, mais tel n’est pas le cas. C’est ce rapport à la question que l’on se pose encore et encore est celle de savoir quelle est la véracité et la légitimité d’une revendication où tout le monde sait y compris celles et ceux qui la brandissent, qu’elle est fallacieuse, et qu’elle procède d’une imprudente mystification. Car il faut le dire le fond du problème réside dans la revendication obsessionnelle d’une victoire imaginaire perdue, d’une auto-proclamation. Le reste des questions qu’on évoque n’est que pure habillage  et en tout état de cause ces questions font l’objet d’avis partagés qu’il s’agisse du Code électoral ou de bien d’autres sujets allégués. Aussi dans le prolongement de la détermination du chef de l’Etat à mener et à consolider la paix sur l’ensemble du territoire national, le gouvernement entend-t-il par ma voix en appeler à la raison de tous, à la responsabilité et qui incombe à tous dans le rétablissement des conditions de paix, de sécurité et de concorde sans lesquelles nos efforts pour le développement et le progrès demeureront compromis. Au demeurant, la détermination du chef de l’Etat à restaurer un climat d’apaisement au prix de tant de concessions est sans équivoque. Par-delà toutes les formes et modalités de résistance, la paix est aujourd’hui l’enjeu majeur  de tous. C’est à cette prise de conscience que le chef de l’Etat convie toute la classe politique nationale car il est des moments où l’homme politique s’efface au profit de l’homme d’Etat pour la sauvegarde de l’intérêt supérieur de l’Etat de la Nation.

Propos recueillis par @Dieudonné Zra

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.