L’éditorial de Ibrahim CHERIF

Directeur Central du Pôle TV à la CRTV, l’éditorialiste Ibrahim CHERIF tire les leçons de la journée du 22 Septembre 2020.

1- Au lendemain du 22 Septembre 2020. Que dire de l’insurrection annoncée 

Ibrahim CHERIF :

Nous constatons l’échec du projet insurrectionnel du MRC et alliés. Maroua, Garoua, Ngaoundéré, Bertoua, Bafoussam, Buea, Bamenda, Douala et Yaoundé étaient calmes. C’était « business as usual». D’une manière générale, les populations ont vaqué à leurs occupations. Les Administrations et Entreprises Publiques et privées étaient ouvertes. Fonctionnement normal, ni plus, ni moins. Une bonne partie du Gouvernement était au Palais des Sports de Yaoundé pour la première journée du SAGO, le Salon de l’Action Gouvernementale. Les forces de maintien de l’ordre étaient présentes dans les principales artères des grandes villes. Ils avaient pour mission de dissuader tout acte de violence d’où qu’il vienne. Au bilan, hormis quelques brefs agissements dans un ou deux points chauds de Douala et de petites provocations à Bafang et Baham, pas de grande chose à se mettre sous la dent.

2- Quid des marches annoncées  ?

Ibrahim CHERIF:

Les marches annoncées n’ont presque pas eu lieu. C’est donc un constat d’échec qui à la vérité ne surprend pas. Il s’agit du même peuple qui, il y a quasiment deux ans, en Octobre 2018, élisait le Président Paul BIYA avec un score de 71,28 %, son challenger du MRC n’avait récolté que 14,23 % des suffrages. Alors le même peuple qui descendrait dans la rue au seul mot d’ordre du Président du MRC, ce serait là à tout le moins, un revirement paradoxal !

 

3- Comment comprendre donc l’entêtement de Maurice KAMTO à défier le pouvoir en place, bien que sachant que la majorité se situe dans le camp du Président Paul BIYA ?

Ibrahim CHERIF :

Il y a de l’entêtement, il y a surtout le rêve d’un « deuxième tour » de l’élection présidentielle de 2018, cette fois ci dans la rue pour que la violence qui n’a pas eu lieu il y a deux ans, se fraie un chemin aujourd’hui. Encore une fois, l’échec des marches insurrectionnelles du MRC prouve à suffisance que les Camerounais ont d’autres chats à fouetter en ce moment. Entre les préparatifs de la rentrée scolaire, la lutte contre la pandémie du Coronavirus et la quête de son pain quotidien, pour le citoyen lambda, il n’est pas question de disperser ses forces. Il n’est pas question de prêter l’oreille aux sirènes démagogiques de quelque leader politique que ce soit. Il ne suffit pas de faire descendre quelques dizaines de badauds à Ndokotti à Douala ou ailleurs pour faire tomber le pouvoir démocratiquement installé du Président Paul BIYA. N’en déplaise aux auteurs des appels à l’insurrection, les institutions de la République sont bâties sur du solide. Et cela se voit chaque jour !

 

4-  Quelles leçons à tirer in fine ?

Ibrahim CHERIF :

Certaines sources disent que leurs auteurs pourraient remettre ça. Mais l’échec du 22 décembre devrait les amener à rentrer dans les rangs. Il faut en tout cas que le Président du MRC tire les leçons du flop. Il faut que le Président du MRC se décide enfin à rentrer dans le jeu démocratique normal.  Celui dans lequel évolue la majorité de la classe politique nationale. Être opposant ne veut pas dire avoir la science infuse ! Bâtir sa politique sur une stratégie du mensonge est dangereux. Parce que cela pourrait pousser à une fuite en avant, sur une voie sans issue ! Il y en a qui voient des gens derrière le Président du MRC. Ceux là parlent de forces occultes décidées à mettre le feu à la République. On met ainsi dans le même sac, pêle-mêle le MRC, les séparatistes armés du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. On y met aussi  certains Camerounais de la diaspora auteurs du casse de quelques-unes de nos ambassades à l’étranger. Il serait vraiment regrettable que le Président du MRC se retrouve dans le même camp que les ennemis de la République.

 

 

 

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