Le Cameroun combat les violences faites aux femmes

C’est l’objectif de la campagne de 16 jours d’activisme dont le lancement a eu lieu ce mercredi à Yaoundé par Marie-Thérèse Abena Ondoua, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille ( Minproff).

Il s’agit de la 14e édition de cette campagne internationale annuelle contre les violences faites aux femmes et aux filles.

https://cameroon.un.org/fr/23020-lancement-au-cameroun-des-16-jours-dactivisme-contre-les-violences-faites-aux-femmes

Il est question pour les gouvernements, de réfléchir et de poser des actes en vue de la prévention et de l’élimination de ces violences. Cette année, au Cameroun comme ailleurs, cette quête du bien-être de la gent féminine s’étend à la lutte contre les effets néfastes de la Covid-19 .

Violences et Covid-19

La précarité dont fait face le genre feminin s’est donc accrue avec la survenue de la pandémie. Des chiffres indiquent qu’au cours des 12 derniers mois, 243 millions de femmes, du fait du confinement, ont été victimes de violences physiques de la part de leur partenaire intime.
Ici au Cameroun, la situation n’est guère reluisante.
La responsable d’une structure d’aide aux femmes en détresse, affirme dans ce sens qu’au cours des 10 derniers mois, son centre a recensé 1111 cas de violences dont: 13 cas de viols,1 cas d’agression sexuelle,146 cas d’agressions physiques, 25 cas d’unions forcées, 488 cas de jeunes filles empêchées d’aller à l’école ou d’exercer une activité génératrice de revenus et 438 cas de violences psychologiques.

Exemples de Bravour

Dans ce tableau, émergent cependant des femmes qui brillent par leur courage pour faire changer les choses.

C’est le cas de “Daphné”. La jeune chanteuse connue et adulée pour son talent a révélé avoir été violée alors qu’elle n’était qu’une enfant. Un acte qui l’a traumatisée et plongée dans une profonde dépression.

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Après avoir pris conscience qu’il ne faut jamais s’avouer vaincu dans la vie, elle a pu se relever et créer une association dénommée “BE a Woman” afin d’aider psychologiquement d’autres filles et femmes victimes de ce fléau.

A Mokolo dans l’Extrême-Nord, une jeune femme sort également du lot. Nganaoua a également pris la parole pour la circonstance. Dans son témoignage, elle affirme : “j’ai été victime de toutes sortes de violences mais je me suis révoltée “. Traînée chez le chef pour son insoumission, elle raconte comment elle a su convaincre ses “juges” à travers son argumentaire sur le changement des mentalités. Un plaidoyer qui a amené le chef de village à l’admettre comme notable. Aujourd’hui, c’est avec fierté qu’elle dit exercer le rôle de “médiatrice” dans ce village en conseillant hommes et femmes.

Dons de machines à coudre

Pour leur épanouissement, les femmes ont besoin d’un soutien psychologique mais aussi matériel. D’où la remise de 12 machines à coudre à quelques unes afin de les sortir de la précarité. Émues aux larmes, elles n’ont pas hésité à remercier leur bienfaiteur et promis d’en faire bon usage. C’est le cas d’une bénéficiaire qui affirme : “cette machine est une bouffée d’oxygène pour moi. Car mon mari a perdu son travail pendant le confinement. A présent je vais pouvoir assurer certaines dépenses de la famille “. Tout aussi soulagée, une autre espère que la machine ainsi reçue participera également à relever le niveau de vie d’autres personnes.

Pour redonner du sourire à plus de femmes, la Minproff invitera tous les services déconcentrés ainsi que les unités techniques de son département ministériel à mener des activités avec des structures partenaires pour le renforcement de la cohésion sociale et familiale.

Aline Nguini

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