La dépigmentation

Tendance décapante ! Au commencement était la graine. Le djansang . Une épice blonde utilisée comme arôme en cuisine. Au Cameroun où 25 à 67 % de personnes sont touchées par les effets de la dépigmentation, le djansang renvoie à une toute autre réalité.

La pratique est devenue un véritable phénomène social , une curiosité pour les sociologues . Le Pr Armand Leka s’y est particulièrement intéressé . Derrière le décapage se cache un malheureux leg colonial ; la tâche d’une couleur mal aimée : Le noir , représentation sociale de la saleté , la pauvreté . Ce mal , les adeptes de la dépigmentation essayent de l’enrayer en se blanchissant la peau.

Cependant ce phénomène n’est pas sans conséquences . Il a un double coût : sanitaire et économique.

Pour le premier , les pathologies peuvent déboucher sur des maladies graves comme le diabète ou le cancer . Les fœtus ne sont pas à l’abri : Troubles de croissance , troubles psychologiques entre autres.

Au plan économique , les recettes de l’Etat sont plombées par cette activité polluée à plus de 80% par la contrebande . Mais au-delà , ce sont des familles entières qui payent souvent le lourd tribut de cette addiction : Scolarité , ration alimentaire , frais de santé sont détournées pour satisfaire l’enveloppe gloutonne de la décoloration de la peau. Mais comment ces victimes en sont arrivées à ce stade de la dépendance ? Où et comment sont fabriquées ces produits nocifs ? Enquête au cœur de l’industrie du djansang

PODCAST DU GRAND REPORTAGE

La dépigmentation , sa perception et les dangers qu’elle génère. Le sujet passionne . Médecins , sociologues et syndicalistes ont été invités à croiser le verbe autour d’une table. Débat coordonné par Valéry Dikos Oumarou

L’urgence d’un cadrecoercitif s’impose. Comme avec le tabac la loi sur la publicité doit clairement interdire toute promotion de produits décapants . Si la société civile aux côtés des dermatologues et professionnels de la beauté peuvent se féliciter du droit d’assises de 50% en plussur les produits contenant de l’hydroquinone , le combat continue.

Il faut inverser la tendance. Changer le regard que chaque citoyen porte sur la mélanine. La dépigmentation est d’abord une question de perception.

Narration : Rachel NJOCK MALONGO.
Caméra : DZENGUE ATANGANA.
Montage:Christian NKOLO.
Web création : Serge POUTH,Abdoulaye MOUGNOL.
Réalisation : MANEH Claudia BABA
Coordination : Josephine NDAGNOU, Elvire KABA, Mireille BISSECK EYUCK
Supervision  générale : Charles NDONGO

© CRTV 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.