Secteur informel: près de 9,2 millions de Camerounais concernés

La transformation est appelée de tous ses vœux dans le cadre de la recherche tant souhaitée, de l’atteinte d’un taux de croissance de 8 % tel qu’inscrit dans la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30).

Le rôle du secteur informel  a considérablement gagné du terrain dans le marché du travail depuis la crise économique entamée au milieu des années 80, s’avère aujourd’hui prépondérant et son impact sur la croissance économique indéniable.

Caractéristiques

Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), ce secteur emploie 90% de la population active. Il s’agit pour la plupart, des entreprises individuelles de très petites tailles qui ne sont pas enregistrées. Elles exercent ainsi des activités précaires, très peu ou pas du tout encadrées qui échappent à la Comptabilité Nationale.
Son ampleur, cependant, peut s’évaluer sur deux plans:

-Sur le plan macroéconomique, ce secteur informel contribue à plus de 57% du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays.

-Sur le plan microéconomique, le Cameroun compte plus de 2 500 000 Unités de Production Informelles (UPI) sur l’ensemble du territoire national, selon une étude réalisée par l’Institut National de la Statistique (INS) en 2011. En termes de répartition, le milieu rural abrite 49,5% de ces unités tandis que les villes de Douala et de Yaoundé comptabilisent 33,3% des UPI. En ce qui concerne leur gestion, 54,4% des UPI sont gérées par des femmes tandis que les hommes ne dirigent que 45,6%.

Impact

Cette prédominance de l’informel, que l’on retrouve donc aussi bien en milieu urbain que dans les zones rurales, a des implications négatives sur la rémunération des travailleurs.
Dans la “3e édition des Cahiers économiques du Cameroun”, Raju Jan Singh, économiste en chef à la Banque mondiale pour l’Afrique centrale, relève que cela est dû en partie, à la faible productivité du secteur agricole, qui reste largement sous développé. Pour lui en effet, «Depuis les années 90, les emplois formels n’absorbent que moins de 10% de la population active. Il s’agit essentiellement de personnes de sexe masculin vivant en milieu urbain ».

Vers la formalité?

La situation ainsi présentée préoccupe les autorités qui ont mis sur pied un ensemble de réformes consistant à préciser les éléments de formalisation des entreprises. Ceci dans le but de favoriser la dynamique de transition desdites structures vers la formalité.
Il s’agit entre autres de diminuer les délais de création des entreprise avec la mise sur pieds des Centres de Formalités de Création des Entreprises. Puis, d’accompagner ces entreprises dans leur développement à travers des structures comme les Centres de Gestion agréés , l’Agence de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises et la Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises.

Aline Nguini

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