Bernard Njonga, le dernier combat

Décédé hier dimanche en France, Bernard Njonga était la figure la plus connue de la lutte pour la cause paysanne et la souveraineté alimentaire au Cameroun.Il était candidat aux dernières législatives mais n’avait pas pu faire campagne. Bernard Njonga avait été évacué en France en janvier 2020. Il avait annoncé à ses amis son retour imminent ces derniers mois. Ce retour tant souhaité n’a pas eu lieu. Hier dimanche 21 février 2021, Bernard Njonga a rendu l’âme au CHU d’Amiens à l’âge de 65 ans. Très vite, la nouvelle a fait le tour du monde, réveillant dans l’esprit de ses amis, sympathisants les souvenirs de ces 30 ans d’actions et de combats pour la souveraineté alimentaire du Cameroun.

Bernard Njonga, la passion de la terre

Bernard Njonga se fait connaitre par la Voix du Paysan, le journal de l’entrepreneur rural qu’il crée en 1988. Il lance à la même période le SAILD, Service d’Appui aux Initiatives de Développement. L’ingénieur agronome lance ces deux outils de promotion de l’agriculture et de vulgarisation des savoirs agricoles un an après avoir démissionné de la fonction publique. Après le baccalauréat, Bernard Njonga choisit l’ENSA au détriment de l’école de médecine et  d’une école aéronautique. Son enfance dans les alentours de Bafoussam l’a fortement rattaché à la terre, celle qui ne trahit jamais

L’ingénieur devenu entrepreneur croit tellement aux potentialités de l’agriculture. Il devient le principal militant de la cause paysanne au Cameroun. Sous sa direction  l’Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs voit le jour. Un manifeste intitulé « 40 mesures pour faire décoller l’agriculture en 5 ans » éclaire sur son projet. Il veut intégrer toute la chaine de valeur, réduire les importations dans le domaine alimentaire. Pour Bernard Njonga, l’agriculture peut faire entrer le Cameroun dans la cour des grands. Le combat qu’il mène contre l’importation des poulets congelés porte des fruits.

Les combats d’un militant

Il va plus loin en plaidant la souveraineté alimentaire du Cameroun. Au comice agropastoral de 2011 à Ebolowa, il mène l’opération «zéro produit alimentaire importé au comice». La coalition pour la Souveraineté Alimentaire au Cameroun qu’il dirige propose alors un village Cameroun. Chaque région du pays y expose son potentiel agricole. On y retrouve aussi du pain camerounais. Ce pain intègre une dose de farine de maïs et de patate douce.  Au palais des Congrès de Yaoundé déjà en 2008, il avait organisé une journée de dégustation des produits camerounais.

Bernard Njonga laisse l’image d’un homme qui avait deux passions : l’agriculture et le Cameroun. Ses deux passions lui ont permis d’avoir une existence épanouie. Sa mort est une grande perte pour la société civile du Cameroun. Il décriait le sort des projets gouvernementaux d’appui à l’agriculture, l’inertie dans de projet d’usine de montage des tracteurs ou le déclin de la filière riz. Les manifestations publiques orchestrées par le militant n’avaient pas toujours reçu le feu vert des autorités administratives. Il s’était lancé dans une carrière politique en 2016 en créant le CRAC « Croire au Cameroun ». Il croyait ainsi pouvoir mieux faire passer ses idées.

Elvis Mbimba

Une pensée sur “Bernard Njonga, le dernier combat

  • 22 février 2021 à 21 h 21 min
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    LA dernière sortie d’un nationalist convaincu. Big brother, rest in peace.

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