Des actes d’état civil pour tous !

La journée internationale des droits de la femme joue des prolongations à Yaoundé.

Le Projet d’appui de la modernisation de l’état civil, PAMEC, a organisé le clou d’une campagne de sensibilisation en faveur de la délivrance des actes d’état civil le 19 mars 2021 à Yaoundé grâce à la coopération allemande au développement.

La cérémonie en question faisait suite à une campagne d’affichage avec des messages de sensibilisation signés de Djaïli Amadou Amal, prix Goncourt des lycéens 2020, et à table ronde radiodiffusée avec les femmes leaders des organisations de la société civile dans la région du Nord.

L’enfant est tout d’abord celui de la femme. Les deux êtres ont neuf mois de vie intime en partage avant le lâché du nouveau-né à la face du monde. La tutelle vitale sur l’enfant par la mère exige un cordon ombilical administratif appelé acte de naissance. Sans lui, l’enfant n’existe pas au sens de la loi. Il ne saurait aller à l’école.

Soigner un fantôme devient peine perdue. Un enfant sans acte de naissance est apatride, citoyen de nul part. Il est incapable de voyager en toute légalité. Les pouvoirs publics ne lui apportent rien de manière officielle en termes de plan d’épanouissement. La femme est dans son droit de faire établir l’acte de naissance à l’enfant si le père s’entête à s’éterniser ailleurs. D’ailleurs, même les mères célibataires sont fondées de revendiquer ledit droit. Les officiers et les secrétaires d’état civil y sont déjà sensibilisés. Mais le système prend du temps à se féminiser.

Le versement complet ou partiel de la dot ne conditionne en rien l’établissement d’un acte d’état civil. Le réserver au sexe masculin au détriment du féminin, comme c’est établi par les constats de terrain, tient d’une injustice basée sur le genre. Le plaidoyer actuel encourage la femme à exiger l’acte de naissance même de sa fille.

L’argument qui consiste à élever la fille pour une autre famille, de manière à justifier sa négligence via le non-établissement de l’acte de naissance, relève de la mauvaise foi. L’absence de ce document l’expose aux mariages précoces et à d’autres formes de violence. Sans carte nationale d’identité, document fondé sur l’acte de naissance, la femme ne saurait introduire le moindre recours auprès des corps répressifs à l’effet de réclamer réparation.

L’acte de mariage protège aussi la femme. Il lui évite de se faire expulser par des tiers en cas de décès de son époux. En cas de divorce, une pension alimentaire est de nature à l’aider. La discrimination se poursuit jusqu’à la mort. Les hommes obtiennent plus d’actes de décès que les femmes. Elles peuvent inverser cette tendance en gagnant en valeur. Les hommes bénéficiaires d’actes d’état civil à titre posthume sont le plus souvent les bâtisseurs des héritages à discuter à travers des conflits interminables.

 

Télesphore Mba Bizo

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