Recrutement dans les universités: priorité aux non travailleurs

La deuxième phase du recrutement spécial des enseignants dans les universités d’État va bientôt livrer la liste de ses recrues. Elle sera marquée par une option radicale pour les jeunes détenteurs de doctorat.

Dans les campus des universités publiques, l’attente de cette liste est forte. Il s’agit de la liste des enseignants retenus pour la 2è phase du recrutement spécial dans les universités d’État. Au cœur de l’attente, l’identité des personnes qui seront retenues. Y aura-il une place pour les fonctionnaires en quête d’un changement de corps ou simplement d’une intégration dans le corps de l’enseignement supérieur? Sur les 1237 recrues de la 1ère phase, on avait finalement retrouvé près de 300 titulaires de matricules de la fonction publique.

La liste est prête

La liste de la 2è phase devait initialement compter 500 noms. il n’est pas exclu que l’on dépasse ce seuil de 10%. Les fonctionnaires détenteurs de doctorat ont, cette fois encore, fortement fait acte de candidature. Pourtant cette fois ci, l’instruction porte sur la mise à l’écart des travailleurs (fonctionnaires ou non) à l’exception de ceux des secteurs médical, biomédical et pharmaceutique. Certains fonctionnaires ont mené un plaidoyer pour la définition d’un quota minimal de fonctionnaires. Certains font valoir leur ancienneté dans l’animation des cours dans les universités.

La publication de la première liste avait déjà suscité des réactions vives. Des recalés avaient fait un sit-in devant le bâtiment abritant le ministère de l’enseignement supérieur. Moniteurs des travaux dirigés, ces jeunes docteurs ne comprenaient pas leur non sélection. Ceux dont l’âge jouxtait la barre de 45 ans avaient plus d’amertume. Ils remettaient également en cause la présence dans la liste des recrues de près de 300 fonctionnaires de divers corps. Ils trouvaient injuste que l’État ait pu préféré des détenteurs de matricules à des chercheurs d’emploi

recrutement des chercheurs d’emploi

Au plus haut niveau de l’État, on a tiré toutes les leçons. Il faut donc prioritairement donner leur chance aux jeunes détenteurs de doctorat qui remplissent les autres conditions requises. Un changement de cap que les fonctionnaires considèrent donc comme une injustice. L’expertise du CENADI a permis de débusquer fonctionnaires qui n’ont pas révélé dans leurs statuts. La conférence des recteurs des universités d’État propose néanmoins d’exploiter les remplacements numériques annuels pour intégrer des personnels enseignants fonctionnaires. Il s’agit d’un acte d’apaisement à l’endroit de ces fonctionnaires qui enseignent déjà effectivement dans les campus.

Le ministre de l’enseignement supérieur veut aller plus loin dans l’assainissement. Il vient ainsi de saisir les recteurs pour observer la présence parmi les enseignants des officiers d’active des forces de défense, des fonctionnaires de la police et des ministres de culte.  Il indique qu’un enseignant recruté dans les universités ne saurait exercer dans les corps suscités. Des ministres de culte ont pourtant fait des carrières universitaires dans les départements des sciences humaines et sociales. Il s’agit donc d’une prise de conscience d’une dérive qu’il faut juguler. En attendant la liste des recrues, ce recrutement spécial permet déjà de faire le ménage.

Elvis Mbimba

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.