Comment restaurer les terres dégradées ?

L’utilisation des arbres locaux pour restaurer les terres dégradées peut permettre d’atténuer les conséquences des changements climatiques. Deux ateliers viennent de se dérouler à Yaoundé.

Quelles sont les semences et techniques utilisables pour reboiser les terres dégradées du Cameroun? Les rencontres de cette semaine ont permis d’explorer différents types d’outils. Il s’agissait ainsi pour les exposants d’amener les décideurs, les leaders politiques et les chercheurs à s’approprier les outils et leurs usages sur le terrain. Pour Anicet Ngomin , expert en sylviculture tropicale et restauration des paysages forestiers, ” Les débats sur les changements climatiques se structurent en général sur la manière dont les pays gèrent les ressources forestières. Le Cameroun a un programme national de développement des plantations forestières. Nous avons environ 12 millions d’hectares de paysages dégradés. Il faut les restaurer d’ici 2030″

Cas du grand Nord

Il y a 8 millions d’hectares des paysages et terres dégradés dans la partie septentrionale du Cameroun. Il faut donc reboiser pour reconstituer les fonctionnalités écosystémiques. Ce qui permet d’assurer la disponibilité des ressources ligneuses par exemple. Pour l’expert cité plus haut, «il faut sensibiliser les populations sur l’exploitation abusive du bois. Il faut aussi mettre en place des projets pour le bois de chauffe. Il faut aussi  des projets pour des produits forestiers non ligneux. Nous pourrons ainsi générer des revenus substantiels aux populations. Tout en accentuant le projet de reboisement Sahel vert

Le reboisement cible surtout certains types de terre. Quant à Louis Zapfack, professeur en botanique à l’université de Yaoundé 1, «il y a des terres impropres aux cultures au Cameroun. Ces terres doivent être reboisés.» Dès lors, quelles sont les espèces d’arbres et les semences qu’on peut utiliser pour reboiser ? De nombreuses techniques ont été développées en Afrique centrale pour pouvoir exploiter ces zones nues surtout celles de la partie septentrionale. Il faut créer des paysages résilients et durables afin d’atténuer les changements climatiques, de s’adapter à ses effets, de préserver la biodiversité, de protéger la santé et améliorer le bien-être des populations

L’avenir des terres dégradées

Les projets de restauration se concentraient sur un maximum de 2 à 3 types d’arbres alors qu’il existe une grande diversité d’arbres.  Marius Ékue est le coordonnateur Saforgen des ressources génétiques forestières et restauration. Il affirme la volonté de « restaurer les paysages à partir d’une diversité de près de 260 espèces d’arbres. Et il faut aussi adapter la restauration des arbres aux changements climatiques futurs.” Les espèces évoluent aussi avec les conditions climatologiques. L’outil  “Diversité pour la restauration “est  disponible  au Cameroun, en Colombie, au Pérou, en Éthiopie, à Madagascar, en Thaïlande et en Inde.

Le centre européen des prévisions météorologiques a financé les travaux. L’institut Flamand pour la recherche Technologique et Biodiversity International assurent, quant à elle, le pilotage des projets pionniers. Des chercheurs  du ministère des forêts, des ONG et associations et des universités ont pris part aux assises. Ils ont échangé en vidéo conférence avec des intervenants en Angleterre, en Italie et en Belgique.

Eliane Marcelle Matsingoum

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