Cardinal Tumi: un trait d’union

Décédé samedi dernier à l’âge de 90 ans, le cardinal Tumi était incontestablement  un trait d’union entre les différentes catégories de camerounais.

90 ans révolus, l’âge du cardinal Tumi à sa mort ce 3 avril 2021. Mais entre sa naissance, le 15 octobre 1930 à Kikaikelaki vers Kumbo et son décès à Douala, la trajectoire du prélat édifie. Elle donne de lui l’image d’un trait d’union entre les différentes facettes du Cameroun. Il y a d’abord un trait d’union entre le monde religieux et le reste des camerounais. Entre le milieu religieux et le champ politique ou entre les anglophones et les francophones, pas moyen de trouver un aussi bon trait d’union. Plusieurs éléments ont contribué à bâtir ce profil singulier. Ses études, sa pastorale, son engagement citoyen implication, jusqu’à son récent enlèvement par des assaillants sécessionnistes.

Il fait ses études primaires et secondaires entre le Cameroun et au Nigéria en fonction de l’évolution politique du Cameroun. L’ancien séminariste alterne ensuite entre la France,  la Suisse et plus tard l’Angleterre pour des études de théologie et de philosophie. Il acquiert ainsi une parfaite maitrise des deux langues officielles du Cameroun : l’anglais et le français. Ce bilinguisme aura alors propulsé alors  Christian Tumi dans ce rôle de trait d’union, intégré aussi bien dans la zone francophone, terre de mission du prêtre. Ses débuts à Soppo dans le Sud-Ouest, son magistère de recteur au séminaire de Bambui. Son séjour dans le Grand Nord renforce sa vocation de trait d’union.

Au Nord, un vrai trait d’union

Dans ses terres d’islamisation, il porte un message catholique qui fait des émules. Christian Tumi acquiert à juste titre une réputation de pionnier de l’évangélisation du Grand Nord du Cameroun. L’Evêque de Yagoua , devenu archevêque de Garoua accède à la grâce de cardinal le 28 juin 1988. Tout premier cardinal de l’Afrique Centrale, il arrive à Douala. On note un important développement social et économique de l’archidiocèse. Il y a surtout la naissance d’un leader très médiatique. Peut-on reconstruire la vie politique du Cameroun depuis le retour au multipartisme..sur le Cameroun politique en omettant le cardinal. Ses prises de parole le rangent soit dans l’opposition politique soit dans la défense des droits.

 

Son dernier combat est celui du retour à la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il propose d’abord une conférence de réconciliation à Buea. Sa participation au Grand Dialogue National apporte également une preuve supplémentaire de sa volonté de sortir de cette crise. Il y préside la commission sur l’assistance et le retour des personnes déplacées et réfugiés. Lors des consultations préalables à cet évènement, il remet un document de 400 pages au Premier Ministre. Il s’agit des propositions des leaders religieux pour la résolution de cette crise socio politique qui affecte le Cameroun depuis 2016. Le cardinal a subi l’épreuve de l’enlèvement par les assaillants sécessionnistes. Entre les partisans de la crise et ceux qui ignorent le problème anglophone, il restera le trait d’union.

 

Elvis Mbimba

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