Crtv radio Notre vrai patron, c’est le public

Ce sont les propos de François Marc Modzom. Le nouveau directeur central pôle radio s’est confié sur sa vision de l’antenne au moment où il entame une visite de prise de contact au sein de la structure.

Question: Depuis lundi vous échangez avec vos collaborateurs des différentes directions. Que comprendre de ces concertations?

F.M.M: Je parlerai bien volontiers de prise de contact, voir avec qui je vais être appelé à travailler. J’avais besoin de rencontrer mes collaborateurs pour me faire une idée de ce qu’ils attendent de mon avènement à la tête de la direction centrale de la radio. Ce n’est pas simplement par civilités, c’est aussi pour partager avec eux mon modeste regard sur ce que j’entrevois comme antenne et précisément une antenne disciplinée: respect de la hiérarchie, respect des institutions. Nous sommes une radio de service public et nous devons pouvoir rester une radio au service et à la disposition des institutions étatiques. Cela doit être sans équivoque. Celui qui ne croit pas en ce que la radio soit l’instrument du pouvoir, n’a pas sa place au niveau de nos antennes.

Question: Discipline, respect des normes et sacralité de l’antenne. Telles sont vos prescriptions, mais avez-vous des attentes particulières?

F.M.M: En évoquant ce triptyque, vous évoquez également ce que j’attends et ce que j’entends faire. La discipline c’est d’abord de ramener les journalistes au travail. J’ai appris qu’à cause du contexte sanitaire, les journalistes se contentent de faire les papiers qu’on leur prescrit par whatapps. Je trouve ça scandaleux. La journée d’un journaliste commence par une conférence de rédaction. Le lieu de vie d’un journaliste, c’est la salle de rédaction. C’est là que les aînés transmettent la flamme aux cadets, qu’ils leur enseignent le métier du terrain. Sur le terrain, il ya des réalités propres à chacune des institutions. Nous avons notre ligne éditoriale, celle du service public médiatique. C’est le premier défi que je me suis donné: ramener la discipline. Que ceux qui doivent prendre part aux instances de préparation des contenus de l’antenne prennent part à ces instances. J’ai également entendu que dans certaines situations, on fait enregistrer certaines éditions du journal. Cela peut se comprendre du fait du contexte sanitaire que tout le monde connaît, mais en même temps, dans ce cas, il faut changer de nom. Si un journal est enregistré et diffusé en différé, ce n’est plus un journal et je ne peux pas être solidaire de ce genre de pratiques.
En outre, Il m’a été rapporté que certains travailleurs de notre radio mettent parfois deux semaines, un mois, parfois plus sans se rendre à la radio. Dans ce cas qu’on leur rappelle que monsieur le directeur général nous a donné des consignes strictes en matière de respect de la discipline. Ceux qui ne veulent pas venir au travail doivent se préparer à en payer le prix. Même si ce prix, c’est de retrouver leurs amis au quartier.

Question: C’est ce message de la discipline que vous avez pour les personnels ?

F.M.M:  La discipline impacte tout le reste. Le respect des normes ne peut pas être effectué si on n’est pas discipliné. Si l’on ne sait pas quelles sont les exigences d’un papier que l’on fait, d’une contribution pour l’antenne, on ne peut pas respecter la norme.

Question : Parlant de la sacralité de l’antenne, qu’est-ce que vous y mettez?

F.M.M: La sacralité de l’antenne ce n’est pas simplement une idée théorique que l’on enseigne dans les écoles de journalisme, c’est le respect de l’antenne dans toute sa pureté. C’est à dire que si vous ne savez pas parler la langue française ou anglaise, vous n’avez rien à faire à l’antenne. On doit respecter l’antenne dans les traditions de cette antenne. lorsqu’on exerce notre métier, on n’a pas d’enfants malades ni de parents morts. Le patron, c’est le public et il doit être respecté envers et contre tout.

Propos recueillis par Sylvain Yangman

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