Logone-Birni: 12 morts et 48 blessés graves

C’est le bilan provisoire des heurts ayant opposé les Arabes Choas et les Mousgoums depuis le 10 août 2021 dans cet arrondissement du Logone-et-Chari, région de l’Extrême-Nord.

 

Après trois jours d’affrontements mortels entre Arabes Choas  et Mousgoums dans plusieurs villages du Logone-Birni, les esprits se calment peu à peu. Selon Midjiyawa Bakari, le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord: « La situation est désormais sous contrôle ».
Ce dernier effectue d’ailleurs une déscente sur le terrain ce vendredi 13 août 2021 pour une « mission d’apaisement ». « Lors de cette mission d’apaisement, on va se déployer pour faire comprendre aux uns et aux autres que désormais, s’il y a un problème, ils se réfèrent aux autorités afin de trouver une solution. Plutôt que de se livrer bataille au point d’en arriver à des pertes en vies humaines. » a-t-il souligné.

Entre temps, les 48 blessés graves sont pris en charge dans des formations sanitaires de Kousseri et celles de N’Djamena, la capitale tchadienne. De sources médicales, « leur situation est stable ».

Pomme de discorde

Entre ces peuples d’éleveurs et de pêcheurs, les tensions datent de très longtemps. Pour le Préfet du Logone-et-Chari, Jean Lazare Ndongo Ndongo: « Il s’agit en réalité d’un problème foncier ». En effet, les Mouzgoums tirent l’essentiel de leurs ressources de l’activité de pêche, tandis que les Arabes Choas ont fait de l’élevage leur principale source de revenus. L’origine des affrontements vient ainsi des canaux de pêches creusés par les Mousgoums pour maximiser leurs prises. « Les pêcheurs ont l’habitude de faire des trous, de monter des digues pour retenir l’eau et le poissons. Mais il se trouve que, dans ces eaux, les éleveurs viennent également faire boire leurs troupeaux. Parfois, les boeufs tombent et périssent dans les trous. » explique le gouverneur Midjiyawa Bakari.
Or, chaque camp revendiquait sa propriété dans les espaces querellés. L’absence d’un consensus entre les deux parties a donc dégénéré en conflit déjà latent entre les deux communautés, chacune défendant ses intérêts spécifiques. Si la saison des pluies cause les malentendus entre pêcheurs et éleveurs dans l’Extrême-Nord, jamais un bilan lourd que celui de ces derniers jours n’a été encore enregistré lors des incidents.

Dieudonné Zra (@zra_dieudonne)

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