Les malades mentaux victimes de préjugés

Le traitement réservé à ces personnes dénote de la méconnaissance du mal dont elles souffrent.

Souffrir d’une maladie mentale constitue un lourd fardeau pour la personne qui est très souvent considérée en société comme responsable de son propre malheur. Des préjugés qui n’ont pas lieu d’être, si l’on s’en tient à l’Organisation mondiale de la Santé  qui les définit également clairement.

Dépression

Selon l’organisme onusien, la dépression est un trouble mental courant et l’une des principales causes de handicap dans le monde. Il estime en effet que près de 264 millions de personnes de tous âges en souffrent.
Elle se manifeste entre autres par de la tristesse, une perte d’intérêt ou de la notion de plaisir, des sentiments de culpabilité ou de dévalorisation de soi, un sommeil ou un appétit perturbé. Dans le même sens, une étude publiée en septembre 2019, dans le “Pan African Medical Journal“, estime que “les troubles dépressifs constituent la forme la plus répandue de troubles mentaux”.

Démence

Elle touche 50 millions de personnes à travers le monde. Elle est généralement de nature chronique ou progressive et se caractérise par une détérioration de la fonction cognitive, c’est-à-dire de l’aptitude à penser.

Schizophrénie

C’est un trouble mental grave, qui touche environ 20 millions de personnes dans le monde. Elle se caractérise par une distorsion de la pensée et des perceptions, des hallucinations et des délires.

Stigmatisation

En plus de ces maux qui bouleversent gravement le quotidien des personnes affectées, celles-ci doivent également affronter le regard social. “Généralement, lorsqu’on voit une personne atteinte de maladie mentale errer dans la rue, c’est le problème mystique qui est mis en avant”, affirme le Dr Laure Menguene, psychologue et sous-directrice de la santé mentale au ministère de la Santé publique. Elles sont ainsi taxées de sorcellerie et abandonnées, très souvent, y compris par leurs propres familles. Une situation que déplore la spécialiste de la santé mentale qui en appelle à la prise de conscience des uns et des autres pour une prise en charge efficace de ces malades comme les autres.

Prise en charge

Pour une bonne prise en charge, le Dr Laure Menguene martèle qu”il est important de savoir que le traitement n’est pas que médical, il est également psychologique et social”.

La spécialiste proscrit ainsi l’usage de certaines expressions pour désigner les personnes souffrant de troubles psychiatriques. Le terme “fou”, selon elle, doit être totalement banni. Car, explique-t-elle, “ce sont des personnes qui sont malades, et la place des personnes malades n’est pas dans la rue. Leur place est dans les formations sanitaires, soutenues par leurs famille”.
Au-delà des mentalités qui doivent changer, il faut relever que la prise en charge des personnes souffrant de maladies mentales au Cameroun souffre également du nombre limité de psychiatres. Toutes choses qui font que les unités de santé mentale sont souvent inexistantes dans les hôpitaux régionaux. Par conséquent, les familles ont souvent tendance à se retourner du côté des prêtres, des pasteurs et autres praticiens traditionnels pour essayer d’obtenir la guérison de leur proche, sans succès le plus souvent.

Ébauche de solutions

Afin d’améliorer la prise en charge des ces malades, le gouvernement mène la réflexion. Une information du “Pan African Medical Journal” fait ainsi état de ce que le ministère de la Santé publique et le ministère de l’Enseignement supérieur “ont inclu dans le programme de formation en médecine, les enseignements de psychologie médicale, de sémiologie psychiatrique et de pathologie psychiatrique”. De quoi élargir le champs de compétence de ces médecins qui pourront ainsi participer efficacement à une meilleure santé des personnes atteintes.

Aline Nguini

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