#Parlement: Recadrer la profession de journaliste au Cameroun

Au-delà de l’amélioration des conditions de travail, les Députés appellent au retour à la rigueur, la vérité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité et l’imputabilité du métier de journaliste.

De nombreuses sanctions du Conseil national de la Communication. Des suspensions et des délits de presse de plus en plus récurrents. Les médias sont auteurs et même acteurs de fausses nouvelles. Ils sont de plus en plus accusés d’un traitement inapproprié de l’information. Face à cette situation, les occupants du banc des accusés crient à l’inconfort, à la précarité et pour certains à la privation de leur liberté d’expression.
Cette situation n’a pas échappé à la représentation nationale. Pour les élus de la nation, il faudrait avant tout améliorer les conditions de travail des journalistes au Cameroun. Le sujet a été en débat, ce mardi 22 novembre 2022, au cours des échanges entre les membres de la Commission des Affaires culturelles, sociales et familiales de l’Assemblée nationale et le ministre de la Communication.

Photographie de la presse camerounaise

L’honorable Douvaouissa Aïssa Hamadi s’est fait le porte-voix des membres de la commission sur la question. Au cours de son intervention, elle a relevé de nombreux faits qui empêchent l’exercice optimal du métier de journaliste au Cameroun. Elle indique entre autres écueils:

– L’irrégularité dans le paiement des salaires;
– L’ accès difficile aux sources d’informations;
– L’absence d’un statut particulier du journaliste;
– L’affiliation ineffective des journalistes à la sécurité sociale;
– Les multiples arrestations des journalistes depuis l’introduction de la pénalisation du délit de presse qui aboutit à une
sanction privative de liberté;
– L’insuffisance de matériel adéquat de travail;
– La question de la carte de presse qui reste une sinécure pour les journalistes, etc.

Au regard de ces pesanteurs, la commission des Affaires culturelles, sociales et familiales plaide pour la mise en place d’un ordre national des journalistes au Cameroun à l’image de certains pays comme l’Italie (lien). Cette nouvelle instance permettrait à la profession de gagner en crédibilité et de mieux faire valoir ses droits.

Assainir la presse camerounaise

Pour le ministre de la Communication, en plus de l’aspect “social” de l’exercice du métier de journaliste, il est important d’assainir le paysage médiatique. René Emmanuel SADI indique qu’il s’agit d’une préoccupation pour le gouvernement. C’est dans ce sens, a précisé le membre du gouvernement, que l’élaboration d’un avant projet de loi a été finalisé. L’objectif de l’exécutif dans cette démarche est « l’adoption des dispositions législatives optimales pour un assainissement en profondeur du secteur de la communication sociale, compatible avec les impératifs de liberté et de pluralisme ».
À cela, il faut ajouter entre autres, la mise sur pied d’un cadre normatif visant à soutenir les activités de communication sociale et à renforcer la viabilité économique des structures. Il est également question d’instituer un système cohérent de régulation et d’auto-régulation professionnelle au sein du paysage médiatique national.

Dieudonné Zra (@zra_dieudonne)

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