Ekambi : Désormais brillant par le souvenir.

La star du Makossa a rendu l’âme dans la nuit du 12 décembre 2022 , à l’hôpital Laquintinie de Douala. C’est une perte énorme pour les mélomanes de l’Afrique et de ses diasporas au vu de l’éloquent palmarès de cet artiste de génie. Évocation.

La mort ne pourra pas éteindre l’aura d’Ekambi Brillant , confie péremptoire un fan de la vedette tout juste rappelée à DIEU. Sans doute c’est l’œuvre plurielle et flamboyante du disparu qui  justifie cet indéfectible soutien. Il faut le dire, Ekambi aura été un phénomène dans la sphère musicale africaine.

Une star aux mille costumes: Le costume de l’auteur- compositeur, bête de scène. Le costume de l’entrepreneur culturel. Et enfin, le costume du mentor. Un musicien de génie. Lorsqu’il se lance dans l’art musical et sous les feux de la rampe en 1971 avec ” Jonguele la ndolo ” sortie en 45 tours , Ekambi Brillant a la conviction qu’il va durer et qu’il va briller. Son assurance s’appuie sur quelques acquis , constituant son background. Il a une certaine maîtrise de la guitare et du solfège. Culture acquise et apprise au lycée Leclerc de Yaoundé. Ensuite, il est plein à ras bord des mélopées du village maternel, Djebale. Et enfin, il a fait ses gammes dans le groove de James Brown. Entraînements ayant pour cadre sa chambre. Ce cocktail le prédisposera à tutoyer les sommets des ventes avec notamment les albums comme Africa Oumba et les titres comme Mot’a Muenya ou Elongui. Avec l’aide de couturiers de haut niveau à l’instar du Belge Slim Pezzin, le chanteur-crooner enchaînera les tubes au fil d’une carrière où il aura produit 24 albums , au nombre desquels douze 45 tours. Une discographie fredonnée par maints férus de musique et couronnée par 02 disques de diamant. Pas moins.

Côté spectacle, cet Ekambi aura brillé de 1000 feux

On l’aura applaudi plusieurs fois pour le clinquant dont il était passé maître. Ses entrées en scène scénarisées à l’américaine, sa vêture très vintage, et la qualité de sa copie, à chaque occasion, à donner à voir un spectacle dans le spectacle. Sommet de ces déploiements, l’élégance. Le raffinement. Ekambi l’entrepreneur culturel. Il n’a pas étudié le marketing, encore moins les relations publiques. Mais à l’observation , c’était un As dans ces matières. Très tôt, il se montre apte à accompagner les marques. Souvenons-nous des chansons comme “Cameroon Airlines”, “Sonel” ou encore ” Les impôts”. En plus de ces musiques destinées à vendre , l’icône de la musique camerounaise féra tandem avec la CRTV pour la production du programme ” Ekambi Brillant show”. Il lui arrivera quelque fois de mettre les orchestres des entreprises commerciales en compétition dans les cafés- concerts. A l’exemple du “Mic-mac show”. A verser dans le mix de ce portrait, l’exposition de ses tenues de scène et autres trésors lors d’un salon organisé en sa faveur, il y a quelques années. Au Cameroun. On a pu relever que le ressortissant de Dibombari avait la fibre d’un collectionneur.

Ekambi le mentor

Le créateur de “Muna Moto” avait un tel sens du partage qu’il a permis à des jeunes de faire une carrière florissante. Citons pour preuve des noms illustres comme Aladji Touré, Esso Essomba, Cella Stella. De véritables colosses de la musique africaine. Ekambi Brillant s’est aussi engagé sur les questions relevant du droit d’auteur. Son implication pour l’amélioration des conditions de l’artiste camerounais. C’est en somme un grand leader qui a quitté la scène, laissant à la postérité une bonne réserve capable d’inspirer les narratifs sur l’art musical au Cameroun.

Serge Pouth

Danielle Mouadoume

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