Makossa: Penda Dallé n’est plus

Le corps inerte de l’artiste musicien âgé de 65 ans a été retrouvé ce 26 décembre 2022 dans sa chambre à Paris.

 

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. “Penda Dallé est mort”, pouvait t-on lire un peu partout. A ce moment encore, plusieurs personnes pensent à un fake news. C’est le cas de Dania Ebongue, journaliste et président des bloggeurs du Cameroun, qui lance alors très rapidement, une campagne de vérification de l’information.

Alors que la famille confirme le décès, c’est la désolation totale dans le monde musical au Cameroun et dans le Makossa en premier, qui en l’espace de deux semaines a perdu 3 de ses icônes. Ekambi Brillant, le 12 décembre, Djene Djento, le 15 décembre et aujourd’hui Penda Dallé.

“Un, deux, trois. C’est fort. Trop de peine pour nous les artistes camerounais. Une bibliothèque de la musique camerounaise vient d’accrocher son micro (…) J’implore le Seigneur de nous donner le courage et la force de pouvoir tenir le coup”, déclare l’artiste Belka Tobie dans l’un de ses posts sur Facebook.

Contrôle médical

Dans un message qu’elle a adressé au public par l’entremise de CRTVweb, la fille de Penda Dallé a indiqué que son père n’était pas très en forme ces derniers mois. “Il avait alors voyagé vers la France pour un contrôle médical depuis deux semaines. Tout avait l’air d’aller. Ce 25 décembre, nous avons d’ailleurs longuement discuté sur le déroulement de la fête de Noël “, raconte la jeune fille, en sanglots.

 

Un contrôle, oui, mais de routine instauré depuis l’accident vasculaire cérébral (Avc) qui l’avait frappé en 2019 et auquel, il avait survécu.

 

Artiste talentueux

Penda Dalle était l’un des piliers du makossa. Il a contribué à la popularité de ce style dans les années 80 et 90 et même au début des années 2000 avec la production de 7 albums dont “Na Mala” en 1984 où on retrouve notamment “Bonadibong”, son plus gros succès.

Sinon, c’est en 1981 qu’il fait véritablement son entrée sur les pistes de danse, avec “Ndut’a Diba”. Ceci après avoir quitté en 1980, la marine qu’il intègre en 1976 ainsi que l’orchestre de la Garde Républicaine et rejoint “La Musette”, le groupe d’Emile Kangue, son frère aîné, qui vient de quitter le navire des “Black Styl”.

En posture de guitariste et chanteur du groupe, Penda Dallé va participer à plusieurs albums d’Emile Kangue. En 2020, ils vont d’ailleurs sortir un album en commun, intitulé “Come Back”.

Discographie

Après “Ndut’a Diba” en 81, les mélomanes ont eu droit à “Tchaku Mbele” en 1983, comme indiqué plus haut “Na Mala” où se retrouve le titre “Bonadibong”, titre hommage au quartier où a grandi l’artiste arrive en 1984. “Langweya te mba” arrive en 1985, tandis que “Nyonga Mulema” sort en 1988. Douze ans plus tard, c’est au tour de “L’espoir de ma vie” de faire danser les amoureux du Makossa.

 

Jeanne Ngo Nlend

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