Mémoire

Chapitre 3

La route de l'eau

L’une des attractions du Ngondo, c’est la course des pirogues. Cérémonie où l’on voit se déployer la virtuosité des pagayeurs, de même que la beauté du déplacement des embarcations sur l’espace marin qu’est le Wouri. Spectacle gratiné dans un contexte dominé par la marée montante de l’éphémère.
Dans ce web documentaire, nous tenterons de vous donner les clés et le décodeur pour comprendre la vie de ce peuple au pied marin. Car, derrière la course, il y a toute une vie en pirogue que l’écoulement du temps dans le fleuve des années n’efface pas.

Des vagues de générations de sawa, peuples de l’eau, ont autrefois, un peu maintenant encore, organisé l’espace et le temps autour de l’eau. Les pêcheurs et riverains ont toujours su que se déplacer en pirogue, c’ est entrer en dialogue avec le large.
Cela prend parfois un tour mystique en cohérence avec la culture sawa .

Extrait audio : Valère Epee , Patriarche sawa

La caractéristique principale des pirogues sawa, c’ est l’ éperon  de proue autrement appelé «  Tangue » , ainsi que le soulignent les fins connaisseurs du domaine . Un élément de la culture doublement significatif pour qui sait lire.

La restitution des biens culturels aux pays africains par la France  est dans l’air du temps.
Le Prince Kuma Ndumbe 3 s’engouffre dans cette brèche pour revendiquer le retour du Tangue du roi Lock Priso , arraché par l’administration coloniale allemande. Une revendication qui souligne l’importance de cet emblème dans la culture.

Extrait vidéo : Prince Kuma Ndumbè 3 , patriarche sawa et historien

La pirogue est à l’eau ce que la voiture, les motos et vélos sont à la terre ferme, et l’ avion à l’espace aérien . Ce moyen de transport a toujours servi à la mobilité des peuples du littoral camerounais.

Extrait : Salle John et riverain de l’eau

Extrait : Palestine Mpondo , Dignitaire sawa

Glisser sur le fleuve à bord d’ une embarcation donne à regarder le monde autrement. A voir Douala d’ un autre angle de vue.
Bien de paysages se laissent ainsi apprécier . Le chapelet des îlots ou campements de pêcheurs , la biodiversité aquatique qui est à vue de nez avec la brise qui ondule quelquefois, les couleurs vertes de le végétation marine, brunes des rives, la forêt de mangrove transformée par endroits en voûtes ou en haies pour les piroguiers, et le clapotis de la marée dans ses apparitions variées.
Evidemment, c’est un pur bonheur pour ceux qui en sont familiers.

Extrait video : Salle John , artiste et riverain

Extrait audio : Kuma NDUMBE III , patriarche sawa et historien

Cette existence proprement poétique est rendue telle par les effets multiples des éléments de la nature. Les habitués de l’estuaire du Wouri, ont coutume de dire que l’eau fait entendre ses notes musicales et les pousse à chanter. Surtout lorsqu’elle les accueille dans ses bras cotonneux, quand la marée est basse, quand le fleuve change sa robe pour s’accorder avec la couleur du ciel et que les oiseaux pépient.

Extrait video : Salle John , artiste et riverain

Extrait :- Palestine Mpondo , Dignitaire sawa

Une idée commence à émerger dans les salons et think thank . Il est question de considérer la voie fluviale comme une opportunité pour le tourisme balnéaire, le tourisme de découverte, dans le triangle national mais également et plus largement, les échanges.

Extrait audio : KUM’A NDUMBE III Plaidoyer pour un tourisme balnéaire

“NGONDO; Histoire, peuple et Culture”
Nos remerciements sont adressés à :  La Fondation AfricAvenir International
– Léopold Magloire B.YANDO de l’agence ACCOMPI+
Narration : Serge POUTH
Photos/Videos : Merling CHIMEGNI
Edition : Martin NZOKPA, Hervé DJOUFACK
Développement / Design :  Landry LEUNKEU, Abdoulaye Mougnol , KINYOG MAKON
Coordination : TEHWUI LAMBIV, Elvire KABA, Mireille BISSECK
Supervision  générale : Charles NDONGO

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