Chapitre 2 : De quoi jubiler….en sourdine.

Les cloches qui sonnent ce 23.Novembre 2019 au monastère de Koutaba ont une résonnance très différente de celle des jours ordinaires. Normal, le refuge des moines voit se lever un matin nouveau. Celui de ses 50 années d’existence. Et pour la circonstance, le silence est rompu. Place à la joie. Débordante.
Dans la chapelle, les chorales donnent de la voix dans leur diversité. Bien sûr, il y les accents locaux (bamoum, bamilékés). Des cantiques bétis sont également entonnés. La liturgie est ouverte à d’autres dénominations. Protestante surtout. Ces voix mêlées font chorus avec celles des moines, portés sur la tradition cistercienne tout en faisant honneur à la tradition africaine par des chants dédiés. Un enracinement salué à coup de youyou par les habitants de la contrée, présents à cet office spécial parce que témoins de la croissance de ce Haut lieu de spiritualité.
L’homélie du jour, prononcée par le Père Henri Fouda, de la congrégation des spiritains, résume en deux mots le ½ siècle passé et les défis majeurs des 50 autres années. Ce sont : La fidélité et la stabilité.

DIEU , premier servi.

Fuir le monde, ses vanités, sa morale de l’avoir absolu, pour se rendre disponible à DIEU dans le grand silence , et ce faisant , mener une vie de prière sans rupture , tel est le choix qu’a effectué le petit groupe de chercheurs de DIEU basé à Koutaba , à 1200 m de la route principale qui va de Bafoussam à Foumban. En interne, et comme cela est le cas dans tous les milieux du même genre, les moines font vœu de chasteté, de pauvreté et de fidélité à DIEU. Tout un art de vivre organisé suivant la Règle de Saint Benoit résumée par Le Père George, ouvrier de la première heure- arrivé en 1972 à Koutaba et reparti en 2016. il dirige actuellement l’Abbaye d’Aiguebelle.

Extrait Audio : Père George

Impact positif sur l’environnement

Les quartiers et villages voisins ont vu dans le monastère une communauté sensible au développement intégral de l’homme. Deux indicateurs permettent ainsi de l’apprécier.
D’abord, l’accompagnement spirituel. Voici ce qu’en disent les Pères Etienne Mboule – le père prieur – et Germain Mbida, qui a intégré la communauté en 1978 :

Extrait Audio : Père Etienne MBOULE

Sur un autre plan, le contact avec l’extérieur a pris l’allure d’une assistance multiforme. Les moines se sont, disent-ils, toujours montrés soucieux de voir les populations bénéficier des services sociaux de base. Notamment, l’adduction d’eau et la scolarisation des jeunes ainsi que se plaisent à rappeler les dirigeants de ce Haut-Lieu de spiritualité chrétienne.

Extrait Audio : Père Germain MBIDA

La stabilité en esprit et en nombre

Si l’on a pu apprécier l’impact de la vie monastique sur l’environnement, c’est qu’aux dires des meneurs de cette communauté, l’édifice spirituel est solide ; si solide qu’il a su résister à bien de vents contraires.
Défis principaux pour le présent et pour l’avenir, la croissance en nombre, le relèvement des cas de rétrogradation voire d’essoufflement, et le redoublement des vocations. C’est faisable, analyse l’abbé Michel Kouam, visiteur épisodique et non moins engagé. A condition , ajoute t-il , de persévérer  .
Pour autant, à Koutaba, on se considère lancé dans un chantier permanent relève le Père Etienne Mboule : « Chantier au niveau des bâtiments, de l’enracinement dans la foi, de la recherche vocationnelle, et de l’appropriation personnalisée des charismes ».

Une économie à consolider

C’est connu de tous, les moines ne sont pas fainéants. Mais alors pas du tout. Dans leur emploi du temps, le travail a une place à côté des moments de prière. Il n’est pas surprenant dès lors de les retrouver à la cuisine, à la buanderie, au réfectoire, aux ateliers ; mieux que cela, dans les plantations. Ils ont la main verte et ne s’en plaignent pas.

Extrait Audio : Père Etienne MBOULE et Père Germain MBIDA

Produit-phare des champs de cette abbaye, le café arabica. Une valeur vieille comme ce lieu retranché. Des témoignages nous apprennent qu’en 1968, lorsque les premiers moines ont foulé le sol de cette terre, ils y ont trouvé des champs de café. La propriété avait appartenu aux colons allemands avant de passer aux mains des français. Les pionniers se sont tout naturellement jetés sur cette offrande du ciel. 50 ans et bien de productions plus tard, le café est plus que jamais leur produit d’appel, au plan économique. Une économie qui gagnerait à être plus solide et solidaire.

Extrait Audio : Père George

« La vocation monastique infuse dans les artères de l’église un souffle intérieur » Père Etienne Mboule , Père prieur de L’abbaye de Koutaba
.
Voilà qui ressemble à la loi de l’équilibre de Saint Thomas D’Aquin, ni trop, ni trop peu. Mais les moines ont mieux comme assise spirituelle et doctrinale. Ils sont une famille chrétienne cistercienne. Père Etienne Mboule : « Nous pratiquons un apostolat du silence et de la prière. C’est une vocation tournée vers l’essentiel à savoir : Prier, étudier, travailler pour la Gloire de DIEU ».
Des sillons semblables à ceux des ouvriers de la première heure. Ceux-là qui poussèrent le souffle monastique cistercien au Cameroun dès 1951. D’ abord à Nkol Nkoumou. Puis à Minlaba et à Obout -toutes les 03 sont des localités du centre et du sud- avant de s’installer définitivement à Koutaba, région de l’ouest.

 

Monastère de Koutaba : Dans l’antre du silence.

Nos remerciements sont adressés au Père Etienne MBOULE, Père Prieur du Monastère de KOUTABA
Narration : Serge POUTH
Photos :  Sarah DAUPHINE TCHOUATCHA
Développement/Design : Abdoulaye Mougnol
Coordination : TEHWUI LAMBIV, Elvire KABA, Mireille BISSECK EYUCK
Supervision  générale : Charles NDONGO

© CRTV 2020