Plats et Breuvage : Patrimoine culinaire National

Le Cameroun, pays D’Afrique Centrale, est présenté comme l’Afrique en miniature et plus récemment encore comme «  toute l’Afrique dans un seul pays ». Il doit cet attribut à son économie riche et diversifiée ; à l’image  de sa   pluralité géographique  telle sa végétation , son sous-sol ,voir  son paysage. La population du Cameroun, composée d’une mosaïque de groupes ethniques, est dotée d’une gastronomie variée.

Tour de table du buffet national

Le kwem et le ndomba dans le sud et  l’Est , Le nkwui à l’Ouest , ou encore le ndolè dans le littoral ,  sont autant de plats qui sont appréciés au-delà de nos frontières  et sont devenus des emblèmes du patrimoine culinaire national .

De l’avis des spécialistes de la gastronomie , ces mets riches en saveurs intègrent des combinaisons originales. Le ndolè caractéristique du peuple Sawa est certainement le met traditionnel le plus connu.  Mais à côté le Eru de la région du Sud-Ouest plus précisément du groupe ethnique Bayangui , le taro et sa sauce jaune des grassfields le kilichi, sont tout aussi prisés. Même si pour certains, aucun met n’appartient à une tribu particulière.

A Douala , capitale économique du Cameroun et  ville cosmopolite ,  on retrouve plusieurs communautés dont les Sawas dépositaires de la tradition locale. Une ville historique qui regorge des vestiges culturels. Ici nul besoin d’être sawa pour apprécier le ndolè.

A l’observation, bien que certaines recettes soient rattachées à des régions ou à des communautés particulières , il faut reconnaitre aujourd’hui que cette réalité est battue en brèche du fait des brassages culturels ,du multiculturalisme ,  des migrations  et même des préférences culinaires. Pour le Professeur Paul Abouna , qui revendique une expertise sur la question, cette diversité culinaire est devenue le symbole de l’unité nationale.

L’un  des éléments qu’il faut mettre à l’actif de ces fleurons de la gastronomie camerounaise,  c’est sans doute leur cuisson. Le Ndolè par exemple doit suivre un processus rigoureux  pour garantir le goût .

Tout comme le ndolè, le Eru des Bayangis doit respecter des normes traditionnelles dans sa préparation,  condition indispensable pour obtenir cette saveur particulière .

Plusieurs plats régionaux ,à l’origine,  ont connu des transformations  d’une région à l’autre.  c’est le cas de l’ okok , plante  herbacée multi usage des régions du centre ,  sud ;sud- ouest, Est.

La cuisine camerounaise séduit également les étrangers. Illustration avec le cas de Mme NGOZI , tenancière de restaurant. De nationalité Nigériane , elle est installée à Limbé  où sa structure attire de nombreux clients depuis plus de 12ans. Elle a fait du Eru l’ un de ses plats principaux qu’elle prend soin de  préparer elle-même.

De nos jours ,  au-delà de leur envergure nationale ,  les mets camerounais comme le ndole ,  le taro et sa sauce jaune , ainsi que  le eru sont devenus des produits touristiques. De véritables produits d’appel pour susciter l’attractivité de la destination camerounaise.

Autres éléments d’envergure et non des moindres, ce sont les brasseries locales. En première ligne, le vin de palme. Autour de ce breuvage, il n’y a aucune frontière tribale. Du nord au sud , de l’Est à l’Ouest , il peut se boire à plaisir , pasteurisé ou non. Tout comme les autres boissons patrimoniales , plutôt ethniques , le « matango », agrémente les échanges aux villages et les ersatz de bars à vins des métropoles. Il participe à  la sauvegarde et à  la valorisation des us et coutumes , à la tradition du partage dans et entre communautés.

La richesse et la diversité de la gastronomie camerounaise sont des éléments fédérateurs pour le vivre – ensemble .Aujourd’hui comme hier , l’unité nationale s’amorce et se consolide à partir du plat. On devrait , pour le sourire , dire que les camerounais s’unissent par le plat avant toute autre chose. C’est un atout qui valorise  le label Cameroun au pays , et même au-delà.

Plats et Breuvages : Patrimoine culinaire National

Narration : Michelle NYA NGANGUE
Edition :  Martin NZOKPA
Développement/Design : Landry  LEUNKEU/Abdoulaye Mougnol
Coordination : Josephine NDAGNOU, Elvire KABA, Mireille BISSECK EYUCK
Supervision  générale : Charles NDONGO

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